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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 07:21

 

Auteur : Arthur Katz

 

Forme extérieure et réalité intérieure.

Voir dans la vérité un esprit dans lequel nous devons marcher, voilà qui nous transforme en tant qu'individus, mais qui transforme aussi toute notre conception de l'Église. Si on ne voit dans la vérité qu'une somme de vérités dont il faut faire profession, alors on ne voit dans l'Église qu'une somme d'individus qui professent tous les mêmes vérités. C'est pourquoi nous pensons qu'une Église est dans la vérité dans la mesure où elle professe des doctrines orthodoxes, correctes. Mais si la vérité est plus que des doctrines; il faut donc qu'une Église, au même titre que chacun des membres qui la composent, marche dans la vérité pour être vraie.

Une Église ne peut pas être en meilleur état spirituel que ne le sont ses membres. Comment nos relations pourraient-elles être plus vraies que nous ne sommes nous-mêmes? Dieu désire que les chrétiens soient les gens les plus authentiques de la terre. L'Église devrait donc être le havre où l'on se réfugie pour se soustraire à l'hypocrisie et à l'auto séduction qui ont cours dans le monde, le lieu où s'enfuient les hommes et les femmes assoiffés de vérité. Les paroles, si abondantes soient-elles, ne peuvent faire de l'Église un pareil havre; seules les personnes marchant ensemble dans la vérité, jour après jour, peuvent accomplir cela. Dans le monde il y a d'innombrables personnes au discernement affiné, qui scrutent du regard l'Église. Plus nous professons que nous sommes dans la vérité, plus nous attirons les regards sur nous. Les gens du monde ont appris à détecter les faux-semblants. Ils sont passés maîtres dans l'art du bluff. Ils n'ont plus rien à apprendre au sujet de la facilité, de l'opportunisme, de l'hypocrisie, de la manipulation. Ils savent reconnaître si une relation est ou n'est pas superficielle. Si au sein de l'Église ils ne trouvent rien de très différent de ce qui se trouve au - dehors, s'ils ne voient aucune différence véritable dans l'usage qui est fait du pouvoir ou de l'argent, alors nous aurons beau les abreuver de paroles, si vraies soient-elles en elles-mêmes, jamais ils ne se laisseront impressionner.

Une assemblée, tout comme une personne, peut afficher les signes extérieurs de la vérité. Elle peut avoir pour fondement les doctrines les plus droites, les plus essentielles. Elle peut présenter les signes extérieurs de bénédiction: prospérité, croissance numérique, richesse matérielle. On y trouve même des manifestations de dons spirituels. Mais manifeste-t-elle la vérité au plus profond de son être ? Ou bien est-elle en proie, intérieurement, à la fausseté, aux faux-fuyants, aux relations superficielles, à l'amour feint, aux animosités cachées qui pervertissent et contredisent les paroles qu'on y prononce, les transformant, de fait, en mensonges? Dieu désire voir la vérité au plus profond de l'être. Il nous faut considérer la vérité de son point de vue, c'est à dire en fonction de notre état spirituel véritable, et non des apparences. C'est à l'authenticité de notre patience, de notre longanimité, à la fidélité de notre engagement à dire et à entendre la vérité dans l'amour, que tous verront quelle sorte d'Église nous sommes, et non au volume sonore et à la fréquence de nos «Amen!», «Gloire à Dieu!», «Alléluia!».

 

Amour et vérité

Peut-être nous répondra-t-on que nous mettons un accent excessif sur la vérité, alors que notre pierre de touche, aussi bien pour l'individu que pour l'Église, c'est l'amour. Jésus n'a-t-il pas dit, après tout: "A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres" (Jn 13.35). L'amour est bien la pierre de touche, et il fait cruellement défaut; et il fait défaut, justement, dans une large mesure parce que nous ne voyons pas bien la relation entre l'amour et la vérité.

Le monde recherche frénétiquement l'amour; il est obsédé par l'amour. Les chansons, la littérature, la télévision, les débats radiodiffusés nous inondent en permanence de discours sur l'amour, mais le monde a-t-il jamais été plus vulgaire, plus violent, plus morbide et plus obscène que de nos jours? Nous n'arrêtons pas de courir après l'amour, sans jamais le trouver. Ce que les hommes appellent «amour» s'avère incapable de résister à l'épreuve, et dégénère soit en morne sens du devoir, soit en concupiscence ou en sentimentalité. Le monde a donné la preuve qu'il est incapable de trouver l'amour véritable, pour une raison bien simple. Jésus a dit: ". ..Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur qui soit éternellement avec vous, l'Esprit de Vérité, que le monde ne peut pas recevoir; parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas..." (Jn 14.16-17). Par définition, le monde est incapable d'accueillir l'Esprit de Vérité, ce même Esprit qui verse dans nos coeurs l'amour de Dieu. De par sa nature même, le monde cherche l'amour hors de la vérité, au détriment de la vérité. Il recherche ardemment l'amour, mais ne peut ni ne veut recevoir la vérité; c'est pourquoi il ne trouve ni l'amour ni la vérité.

Le monde perd l'amour dès lors qu'il se détourne de la vérité. Que se passe-t-il alors au sein de l'Église? Avons- nous plus de chances de trouver l'amour véritable que n'en ont ceux de l'extérieur, quand nous le recherchons hors de l'Esprit de Vérité?

La deuxième lettre de Jean commence par ces mots: "L'ancien, à Kyria l'élue et à ses enfants, que j'aime dans la vérité et non pas moi seulement, mais aussi tous ceux qui ont connu la vérité à cause de la vérité qui demeure en nous et sera avec nous pour l'éternité: la grâce, la miséricorde et la paix seront avec nous de la part de Dieu le Père et de la part de Jésus-Christ le Fils du Père, dans la vérité et l'amour" (2 Jn 1-3).

Dans ces trois versets, l'apôtre de l'amour qui avait posé sa tête sur la poitrine de Jésus lors de leur dernier repas ensemble, fait quatre fois mention de la vérité. Amour et vérité s'entrelacent et s'interpénètrent si bien que Jean ne peut les séparer, tout simplement parce que pour Dieu, ils sont inséparables. Il devrait donc en être de même pour nous. "L'élue... que j 'aime dans la vérité", écrit Jean. Existe-t-il une autre façon d'aimer? Si cela existait, nous le saurions à présent, car nous l'avons cherché de toutes nos forces pendant si longtemps. Nous percevons la vérité comme une menace. Nous vivons dans la peur de la vérité; nous bâtissons notre vie conjugale, nos relations, nos assemblées de manière à nous isoler, à nous protéger de la vérité. Église, famille, et communauté sont devenues des systèmes complexes, conçus pour éviter les conflits, les mises à nu, le face-à-face avec les difficultés. L'architecture de la plupart des locaux d'église, la conduite des cultes, sont conçus pour éviter au maximum tout contact réel de vie à vie dans le quotidien.

Alors, plus ou moins isolés, privés de toute intimité réelle avec Dieu ou avec les humains, du fond de notre désespoir, nous appelons l'amour. Ce que nous trouvons, c'est un réconfort trompeur, une guérison superficielle, des justifications peu convaincantes, des faux-fuyants. Nous nous faisons de grosses bises, nous disons: «Que le Seigneur te bénisse», et nous appelons cela de l'amour en continuant de faire semblant de croire que tout va bien, alors que tout ne va pas bien. Cette faim continue de nous tenailler au fond du coeur. Nous commençons par nous couper de la vérité afin de nous préserver; pour finir, nous nous retrouvons coupés de l'amour. Nous préserver de la vérité, ce n'est pas sauvegarder l'amour; c'est l'étouffer. En nous protégeant de la vérité, nous ne faisons que protéger le mensonge, par quelque nom que nous l'appelions.

Est-ce un hasard si ce fut Jean, le disciple qui faisait si souvent mention de la vérité, qui posa la tête sur la poitrine de Jésus? Jean a même parfois fait allusion à lui- même en disant: «le disciple que Jésus aimait». N'y a-t-il pas là plus qu'une coïncidence? Cette affection qui unis- sait Jésus et Jean était-elle due à cet amour que portait Jean à la vérité? Jean pouvait, une fois pour toutes, poser la tête sur la poitrine de Jésus, mettant fin à toute interrogation; crainte et solitude s'évanouissaient. Le lien de l'amour était scellé, inébranlable, car plus rien ne les séparait: ni carapace protectrice, ni faux-fuyants, ni dissimulation. Ensemble dans la vérité, ils étaient donc unis par l'amour. Si nous traitons la vérité avec désinvolture ou avec indifférence, si nous persistons à faire semblant, sur la poitrine de qui poserons-nous la tête?

Nous avons désespérément besoin de reposer la tête sur la poitrine du Seigneur, à titre individuel aussi bien que collectif. Qu'est-ce qui nous arrête? Ce n'est pas tant notre théologie que notre incapacité (ou peut-être notre refus) de marcher dans la vérité. Peut-être fuyons-nous parce que nous avons trop souffert d'être exposés à une lumière froide et dure qui se fait passer pour la vérité; mais seule une contrefaçon de la vérité peut se dissocier de l'amour authentique, et ne pas communiquer cet amour. Nous ne devons pas oublier que "la bienveillance et la vérité se rencontrent" (Ps 85.10), que l'Esprit de Vérité est le Consolateur; que lorsque se lève le Soleil de Justice, toujours la guérison est sous ses ailes (Ma13.20). La vérité n'est jamais cet éclat agressif, privé de toute nuance, de toute vie, qui caractérise les projecteurs de la police. Loin d'être morte et glacée, elle est un Esprit, une grâce suprême pour tous ceux qui l'accueillent avec amour.

 

Des âmes purifiées

Là où l'amour fait défaut, le remède qu'on oublie et qu'on néglige le plus est une dose massive de vérité. Il ne suffit cependant pas d'accumuler un plus grand nombre de vérités pour produire plus d'amour. Les vérités sont dépourvues de valeur à moins qu'elles ne pénètrent dans notre coeur pour nous rendre plus vrais. L'amour ne peut exister que dans un climat de vérité. Dans tout autre climat que celui-là, quelles que soient les paroles prononcées, l'amour sera forcément feint et faux. Nous sommes dans l'erreur et dans le mensonge si nous croyons pouvoir aimer ou être aimés en vérité tout en ne vivant pas dans la vérité. C’est ce que voulait dire Pierre lorsqu'il écrivait: « après avoir purifié vos âmes dans l'obéissance à la vérité en vue d'un amour fraternel sincère, aimez-vous les uns les autres ardemment et de tout cœur »(1 Pi 1.22). Pour qu'il y ait amour sincère, il faut d'abord une âme purifiée. Il faut aussi un intellect éclairé; cette condition est nécessaire, mais elle est loin d'être suffisante. C'est seulement en obéissant à la vérité par l'Esprit, et pas seulement par intelligence, que nous pouvons être purifiés de tout ce qui est faux et trompeur, au point que tout ce qui coulera de nous sera un amour sincère et réciproque. Tant que la vérité n'a pas pénétré jusque-là, il est vain d'attendre ou de demander un amour fervent.

C'est à ceci que tous reconnaîtront que nous sommes disciples de Jésus, à l'amour que nous avons les uns pour les autres (Jn 13.34). Les hommes le sauront, car ils reconnaîtront là un amour d'une toute autre qualité que celle qu'ils ont vue et connue ailleurs, un amour qui jaillit du fondement que sont la véracité et l'authenticité absolues. Nous devons carrément nous poser la question: dans quelle mesure notre amour est-il tout simplement une doctrine juste, un sentiment que nous affichons? Il est relativement facile à un chrétien blanc de déclarer qu'il aime son frère noir, jusqu'au jour où ce frère devient son voisin, ou commence à fréquenter la même église. Il est relativement facile de manifester pour les Juifs un amour plein de sollicitude, jusqu'au jour où on rencontre un Juif en chair et en os qui fait remonter à la surface toutes nos haines et nos jalousies latentes. Nous faisons profession d'amour réciproque, nous célébrons cet amour par des chants pendant nos cultes; mais au-dehors, le monde attend de voir ce qu'il advient de notre amour quand l'adversité et les contraintes de la vie le mettent à l'épreuve.

Dieu a résolu de nous amener à aimer dans la vérité, sinon, l'amour ne sera pas. Ou bien nous serons pour le monde la démonstration de l'amour véritable, ou bien le monde ne verra pas ce qu'est l'amour véritable. Un amour feint ne suffit pas, seule la présence de la vérité au plus profond de nous-même engendrera un amour fraternel ardent et sincère. Nous voilà ramenés à la question de la vérité. Loin d'être l'ennemie de l'amour ou un empêchement à aimer, la vérité est une condition indispensable à l'amour. L'amour véritable ne s'évapore pas dans la lumière de la vérité; l'amour véritable est la lumière de la vérité. Le seul amour que dissipera la vérité de Dieu est celui qui ne vient pas de Dieu. Son feu consume ce qui est éphémère et menteur, mais il purifie et préserve ce qui est durable et véridique.

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  • Nicolas Papaïconomou
  • Je vis ma foi en Yeshoua ( Jésus) au quotidien. Je fuis la religion des hommes et cherche la présence de Dieu-Elohim comme un trésor. Je m'attends aux directives de l'Esprit de Dieu-Elohim qui est l'Esprit de vie.
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