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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 07:53

Paul, un Israélite véritable .

Paul était un Nathanaël, un Israélite véritable. cela est évident: même là où la fraude aurait pu lui profiter, il était pur de toute fraude.

Pour moi, frères, lorsque je suis allé chez vous, ce n’ est pas avec une supériorité de langage ou de sagesse que je suis allé vous annoncer le témoignage de Dieu. Car je n’ ai pas jugé bon de savoir autre chose parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. Moi-même j'étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte et de grand tremblement; ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d'Esprit et de puissance, afin que votre foi ne soit pas fondée sur la sagesses des hommes, mais sur la puissance de Dieu. (1Co 2.1-5)

Il est impossible de mettre en doute l'éloquence de Paul. Il savait parler avec sagesse, mais ce n'était pas la sagesse de son siècle. Ses paroles étaient d'ordre spirituel, réservées et adaptées aux pensées spirituelles. Quand il était éloquent, son éloquence était transparente, entièrement au service de la vérité, n'attirant nullement l'attention sur elle-même. L'apôtre ne cherchait pas le moins du monde à soigner son image. Les raffinements de la rhétorique grecque, il les connaissait; il savait par quels moyens il était possible de capter l'admiration d'une foule en enfilant des expressions bien tournées. Il connaissait l'utilité de l'éloquence, d'une forme soignée; il aurait su charmer un auditoire par des sonorités et des gestes recherchés. Mais il était décidé à ne pas utiliser de tels procédés. Comme tous ceux qui sont épris de vérité, il savait que pour dire des paroles de vérité il faut être soi-même la démonstration de la vérité, et que pour être la démonstration de la vérité il faut être aussi humble et aussi transparent que l'Esprit de Vérité lui-même.

Dire la vérité dans la puissance de l'Esprit

Chaque mot que prononçait Paul prenait sens et forme au-dedans de lui par la vérité qu'il annonçait, et non par quelque calcul personnel. Une fois reconnue la nature de la vérité, l'orateur cesse de disposer librement de la forme et du style autant que du contenu de sa parole. Paul avait décidé de ne connaître et de ne transmettre que Christ, et Christ crucifié. Il avait décidé de ne pas transmettre Paul, d'abandonner tout souci de gloire personnelle, de réputation. C'est pourquoi sa maniérer même de parler constituait pour lui une crucifixion: elle était la démonstration de sa mort à tout ce qui servait son ego, à toute considération de réputation, tout désir de produire quelque effet.

Paul n'est pas le seul à être concerné. Toutes les fois que nous parlons, nous avons à faire le même choix que lui: ou bien nous mettre en valeur, nous protéger en tant qu’orateur, ou bien mettre notre confiance dans la vérité pour qu’elle soit sa propre démonstration. Ce que nous faisons «en vue d'une meilleure communication», n'est-ce pas, trop souvent, une barrière que nous érigeons pour éviter d'avoir l'air ridicules? Nous craignons de perdre la face plus que nous n'aimons la vérité.

Paul n'apportait pas que des paroles: il apportait une démonstration d'Esprit et de puissance. Tant que nous ne prendrons pas la décision de renoncer à ce qui est l'équivalent, aujourd'hui, de la rhétorique grecque et des ornements de style, il ne nous restera que des mots dépourvus de puissance qui ne démontrent rien.

Il est difficile d'imaginer à quel point Paul s'exposa au ridicule à Corinthe. Les Grecs auxquels il s'adressait faisaient partie des amateurs de rhétorique les plus raffinés du monde antique. Ils incarnaient la sagesse de ce monde. La folie de Paul à Corinthe ne peut se comparer qu'à celle d'un autre qui vint avant lui, en Israël.

Quand Jésus se présenta en Israël, il était semblable à une racine sortant d'une terre desséchée. Il n'avait ni beauté, ni éclat pour attirer les regards. Rien dans son aspect n'attirait les hommes à lui (Es 53.2-3). Il n'avait rien de ce que la sagesse de ce monde prescrirait pour le rendre plus attrayant, plus séduisant. Il était la vérité sans fard, la vérité pure. C'est pourquoi on ne fit de lui aucun cas; méprisé et abandonné, il fut considéré comme un fou, un insensé. On détournait de lui le visage. Il fut rejeté et tour- né en dérision précisément parce qu'il était ce pain sans levain descendu du ciel. Paul, cet Israélite véritable dans lequel il n 'y avait pas de fraude lui ressemblait. Confiance dans la vérité, ou compétence humaine? Paul a écarté tout ce qui pouvait faire de lui un orateur puissant, impressionnant, sûr de lui-même. Dans la crainte, la faiblesse, et le tremblement, il s'est présenté devant un monde qui était imbu de son impressionnante sagesse propre.

Paul avait une entière confiance dans la puissance de la vérité, au point d'être capable de compter sur elle en renonçant à lui donner le moindre coup de pouce par quelque procédé personnel. Il avait tellement à coeur la gloire de Dieu qu'il voulait bien courir le risque de l'opprobre et du rejet plutôt que d'amoindrir cette démonstration de la puissance de la vérité. Sa faiblesse et son tremblement sont l'inévitable lot de tout serviteur de Dieu face à une assemblée, de tout évangéliste, de tout chrétien dans sa marche au jour le jour au milieu du monde, de tous ceux qui partagent cet amour de la vérité qui était en Paul, qui partagent sa jalousie pour la gloire de Dieu. Paul a supporté ces souffrances afin que nous mettions notre foi en Dieu et dans la vérité, afin que nous nous laissions fléchir et persuader par la vérité, et non pas par quelque emballage attrayant, par quelque technique de marketing, fruit de l'orgueil et de l'insécurité d'un orateur qui ne peut ni ne veut aimer la vérité et lui faire confiance.

Chaque matin, devant la glace, nous sommes confrontés à la même question qui se posait à Paul quand il prêchait à Corinthe. Suis-je pur de toute fraude? Pourquoi, alors, tant de recherche quand il s'agit de ma présentation? Paul ne prononçait que des paroles transparentes qui laissaient rayonner la lumière de la vérité intérieure sans jamais renvoyer la moindre lumière sur sa personne. En tout temps, sa parole était vérité, pure vérité. Que proclament mes vêtements, mes bijoux, mes coiffures, mes parfums? Glorifient-ils Dieu, ou bien ma propre personne?

Pierre s'est adressé nommément aux femmes, mais ses paroles s'appliquent aussi à l'Église, qui est l'épouse de Christ. "N'ayez pas pour parure ce qui est extérieur: cheveux tressés, ornements d'OT; manteaux élégants, mais la parure cachée du coeur; la parure personnelle inaltérable d'un esprit doux et tranquille: voilà ce qui est d'un grand prix devant Dieu" (1 Pi 3.3-4). Dans la même veine, Paul écrivait: "De même aussi que les femmes, vêtues d'une manière décente, avec pudeur et avec modestie, se parent, non pas de tresses ou d'or; ou de perles, ou de toilettes somptueuses, mais d ' oeuvres bonnes, comme il convient à des femmes qui font profession de piété" (1 Ti 2.9-10).

Dans ces passages, Pierre et Paul ne préconisaient pas les tenues minables, ni le port de haillons, pas plus que Paul ne recommandait le laisser-aller grammatical ou la logique défectueuse aux Corinthiens. C'est une question de mobiles et de foi. Que je me tienne devant une glace ou devant un public, est-ce que je laisse de la place au souci de porter atteinte à la gloire de l'Esprit de Vérité?

C'est la fin qui dicte les moyens .

Est-ce que je me satisfais de laisser apparaître ce que je suis? Suis-je attaché à la vérité, et à l'expression de la vérité en toutes choses, au point de ne pas permettre à mes paroles, à mes vêtements, à ma présentation extérieure de créer une impression ou une image qui ne soit pas véridique? La tentation de modifier mon image, d’ajouter à la vérité un brin d’illusion est très puissante. Tout aussi forte est la tentation de justifier ces embellissements de ma personne par le souci de mieux servir Dieu, en faisant meilleure impression. Mais aucun mensonge ne peut servir le Dieu de vérité, et toute image fausse est un mensonge. Tout ce qui se fait par vanité, par orgueil, par insécurité, est un mensonge. Est-ce que je fais confiance à Dieu qu'à travers moi il vive, agisse et soit, ou bien est-ce que je fabrique en permanence quelque image physique ou spirituelle, quelque personnage qui n'existe qu'en surface, et est-ce cela que j'offre à Dieu afin qu'il s'en serve pour agir et parler?

La fin ne justifie jamais les moyens; c'est elle qui dicte les moyens. Si la fin recherchée, c'est la révélation du Dieu de vérité, alors le moyen d'y parvenir, c'est la manifestation de la vérité dans tous les aspects de mon existence.

Contrairement à ce qu'on croit, le contenant révèle le contenu

Le monde est si bien habitué aux apparences trompeuses que la sagesse des nations affirme catégoriquement que le contenant ne révèle pas le contenu. Pourtant, la personnalité profonde de Nathanaël était bien visible en surface.

On voyait le Père au travers de son Fils. Quand l'Esprit de Vérité est présent en plénitude et qu'il règne en profondeur, il s'exprime extérieurement en toutes choses, qu'il s'agisse des paroles d'une prédication ou des cheveux du prédicateur. En réalité, le contenant révèle toujours le contenu. Il n'y a rien, dans une vie, qui appartienne exclusivement à la surface. Tout, de la surface jusqu'aux profondeurs, sert de véhicule à ce qui se trouve au plus intime. Si au plus intime, se trouve la vanité, ou la crainte de perdre une réputation, le dehors le révélera. Nous aurons beau essayer de dissimuler le secret de notre coeur, tout ce qui est caché n'en sera pas moins révélé.

Jésus a dit: "Mon enseignement n'est pas de moi, mais de celui qui m'a envoyé... Celui dont les paroles viennent de lui-même cherche sa propre gloire, mais celui qui cherche la gloire de celui qui l' a envoyé est vrai, et a n 'y a pas d'injustice en lui" (Jn 7.16-18).

Même si mes paroles sont vraies, si elles viennent de moi-même, c'est-à-dire si je les emploie dans un but égoïste, je ne suis pas homme de vérité. Celui qui parle, si ses paroles viennent de lui-même, a un seul mobile: se glorifier lui-même. Que la cause soit la vanité ou l'envers de la vanité, qui est l'insécurité, celui qui recherche sa propre gloire cesse d'être vrai.

Qu'en est-il de ma façon de prier, de ma tenue, de l'ex- pression de mon visage? Est -ce que par là je cherche à m'imposer, à m'assurer un pouvoir ou un honneur? Subsiste-t-il encore dans mon à me quelque chose qui savoure avec délices ma capacité d'impressionner, de manipuler, de contrôler autrui en prenant pour instrument mon corps, ma personnalité, mes paroles, ou... mes prières? Si nous aimons la vérité, voilà le genre de question que nous nous poserons. Il ne suffit pas que Jésus dise de moi: 'Il n'a pas dit de mensonges'. Son plaisir et son approbation sont réservés à ceux dont il peut dire: 'C'est un homme de vérité; il n'y a rien de faux en lui'.


Les subtilités de la séduction

C'est en raison d'un accord tacite entre celui qui dupe et celui qui est dupé que les faux-semblants peuvent se perpétuer. Aucun prédicateur ne s'abandonne à la tentation de devenir acteur en l'absence d'une assemblée qui l'écoute avec complaisance. L'un et l'autre sont mus par l'égoïsme. Le flatteur comme celui qui est flatté, le séducteur comme celui qui se laisse séduire ont l'un et l'autre cessé d'aimer la vérité, et cela pour un seul et unique motif: la gratification de soi. Il devrait y avoir dans notre esprit un mouvement de recul chaque fois qu'on appelle «auditoire» le peuple de Dieu rassemblé. En fait, cependant, ce n'est que trop souvent le cas: l'auditoire prend plaisir à ce qui se passe sur scène et encourage l'acteur; le prédicateur s'acquitte bien de son rôle et reçoit une récompense de la part de ceux qui sont venus le voir et l'écouter. Il sait fort bien exciter l'émotion. Quand il prie, le ton de sa voix s'élève et retombe de manière expressive; son allure et sa façon d'être correspondent à ce que nous attendons de la part d'un prédicateur. Les mots sont justes, et même émouvants; mais pendant ce temps, l'esprit de l'orateur affirme: 'Rassurez-vous, je ne m'attends pas vraiment à ce que vous vous laissiez transformer par ce que je dis. Je ne fais que m'acquitter de mon rôle dans le cadre de cet accord tacite que nous avons passé entre nous, et vous, vous vous acquittez du vôtre; mais vous et moi, « nous savons qu'au fond il ne s'agit que d'un simulacre ».

Nous avons accepté une complicité dans les mensonges des uns aux autres. Personne n'interpelle l'autre, de peur d'être interpellé à son tour. Nous avons fait de la vérité une prisonnière; nous la faisons dépendre de nos propres besoins, de nos propres désirs, tout comme le font les incroyants. Aussi longtemps que nous étoufferons en nous-mêmes la vérité, nous serons incapables d'être des Nathanaël auprès d'un monde que dupent et enchantent les subtilités du mensonge.

Nous avons été complices les uns des autres pour entretenir nos illusions. Il nous faut maintenant devenir complices les uns des autres dans la sanctification: nous en avons besoin, et c'est aussi notre vocation. Nous avons éperdument besoin les uns des autres, car nous sommes tous aveuglés d'une manière ou d'une autre; nous sommes tous enclins à l'hypocrisie. Si nous ne pouvons ni ne voulons nous interpeller les uns les autres dans l'amour, nous resterons prisonniers de nos propres illusions. Par peur de blesser ou d'offenser, nous gardons le silence et nous appelons ce silence «amour».

Ce qu'il nous faut absolument, et ce que l'amour véritable nous commande d'avoir, c'est un sens accru de l'horreur devant le spectacle du mensonge qui ronge et détruit les âmes autour de nous. L'amour nous presse de parler, et non de rester silencieux; car si nous ne sommes pas consumés par le zèle de la maison de Dieu et de la pureté de sa parole' c'est l'esprit de mensonge qui nous consumera.

 

L'Esprit de Vérité exclut la compromission

Paul n'avait pas peur de paraître faible et ridicule devant les Corinthiens. Il n'avait pas davantage peur de passer pour téméraire ni de courir le risque d'offenser les hommes, fût-ce l'apôtre Pierre à Antioche. Dans sa lettre aux Galates, il parle du jour où des faux frères, à Jérusalem, le sommèrent de prendre position sur la circoncision. "Nous ne leur avons pas cédé un seul instant par soumission, afin que la vérité de l'Évangile soit maintenue parmi vous" (Ga 2.5).

Il refusa de s'incliner, même pour une heure, même pour un instant, car en le faisant il aurait introduit du levain dans la pâte. Il aurait été avantageux pour lui de passer sur l'hypocrisie dont Pierre fit par la suite preuve à Antioche. Pourquoi risquer d'offenser celui qui était une colonne dans l'Église, surtout quand on ne fait pas soi-même partie des douze? Pourquoi risquer de passer pour un arriviste? Pourquoi risquer une rebuffade de la part de Pierre en présence de ceux qu'on a gagnés à Christ?

Personne n'a envie de se faire traiter de fanatique, de légaliste, ou de se faire reprocher un manque d'amour. Mais parce que Paul était un homme de vérité, il savait, par l'Esprit de Vérité qui était en lui, reconnaître les occasions où il ne fallait pas transiger. Il savait faire la différence entre la sagesse et la lâcheté, entre la propre justice et le zèle de la pureté et de la vérité de Dieu. Il savait reconnaître les occasions où l'amour commande de tenir ferme devant l'hypocrisie d'un frère.

Douceur et courage ont la même source

C'est tardivement que Paul fut gagné à l'Évangile. Il avait persécuté l'Église; celui qu'il avait en face de lui à Antioche était Pierre, l'un des trois hommes qui avaient été les plus proches de Jésus. Ce même Paul qui s'était tenu devant les Corinthiens avec tant de crainte et de tremblement se tint alors devant Pierre et lui résista en face (Ga 2.11-14) .C'est pour la même raison qu'à un moment il parut faible et tremblant, et qu'à un autre, il eut le courage d'interpeller Pierre. Sa faiblesse et son courage, sa douceur et sa fermeté avaient la même source et visaient le même but: il était passionnément attaché à la pureté et à la vérité de l'Évangile.

Paul avait vu Pierre consentir à manger avec les non-juifs jusqu'au jour où il arriva un groupe de croyants juifs qui n'avaient pas cessé d'observer l'ancienne interdiction de manger avec les non-juifs. Pierre eut alors un revirement. "En effet, avant la venue de quelques personnes de chez Jacques, a mangeait avec les païens: mais après leur venue a s'esquiva et se tint à l'écart, par crainte des circoncis" (Ga 2.12).

Ce revirement de Pierre ne devait rien à la déférence ni à l'amour: il était causé par la crainte de l'homme. Paul voyait sombrer dans l'hypocrisie et succomber à la crainte de la désapprobation et du rejet cet homme qui avait pourtant été brisé par l'Esprit et revêtu des dons de l'Esprit. A la racine de tout mensonge, il y a quelque gratification de  soi. Abraham ordonna à Sarah de mentir, de se faire passer pour sa soeur, afin qu'il fût «bien traité» (Ge 12.13). On ne peut être libéré de la tentation de mentir ni de la puissance du mensonge tant qu'il y a un «moi» qui cherche à se faire choyer et protéger.

Seule une vie crucifiée...

Si Pierre lui-même n'était pas à l'abri d'une tentation pareille, nous serions bien mal venus de croire que nous le sommes. Si Pierre avait besoin d'un Paul pour l'interpeller, nous serions bien mal venus de nous croire capables de demeurer dans la vérité sans le secours de personne. Mais qui m'interpellera dans mon hypocrisie, s'il est lui-même pris au piège de l'hypocrisie? Si Paul avait été sous l'empire de la crainte des hommes, s'il avait été dépendant de leur approbation et de leur louange au point de ne pouvoir s'en passer, jamais il n'aurait pu interpeller Pierre. La crainte des hommes, la crainte du rejet ou du ridicule a le don de donner des jambes en coton aux gens les plus solides. Seul un homme tel que Paul, dont le seul titre de gloire était la croix du Christ, et qui avait été ramené de la mort à la vie par Christ, pouvait dominer sa peur et dire à Pierre la vérité dans l'amour. Seule une vie crucifiée, et pas seulement la doctrine de la croix, nous libérera de la peur des hommes et nous rendra capables d'interpeller quand il le faudra les 'Pierre' de notre génération.

Comme lui, les autres Juifs usèrent aussi de dissimulation, en sorte que Barnabas même fut entraîné par leur hypocrisie. Mais quand je vis qu'ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Évangile, je dis à Céphas, en présence de tous... (Ga 2.13-14).

Il suffit d'un peu de levain pour faire lever toute la pâte. L'hypocrisie de Pierre était contagieuse. Bien vite, elle se propagea, probablement sans que personne eût dit un seul mot, tant il est vrai que les actes ont plus de force que les paroles. Là où le mensonge est toléré, le prix à payer ne demeure pas fixe. Il monte et ne cesse de monter jusqu'à ce qu'on ait payé le dernier centime. Éviter la douleur à court terme, c'est se préparer une douleur pire à long terme. La vérité n'est jamais la facilité, et tant que nous lui préférons nos aises et notre bon plaisir, nous ne marcherons pas dans la vérité. L'esprit de mensonge apportera la facilité, la gratification et la justification de soi à tous ceux qui les désirent. Il cherchera à nous convaincre qu'aucune souffrance n'est nécessaire, qu'il est possible et souhaitable de faire l'économie de toute douleur. Mais tout ce qui est vrai et authentique est coûteux, et demande qu'on écarte les contrefaçons. Le chemin de la vérité est toujours le chemin de la croix. Interpeller un frère dans l'amour, ou bien se laisser interpeller, c'est passer par une mort.

Marcher dans la vérité, c'est choisir la croix

Nous avons mis la croix à notre cou, nous l'avons accrochée au tableau de bord de notre voiture, mais un profond attachement à la vérité fera inévitablement de la croix une expérience quotidienne des plus concrètes. et non plus un ornement anodin. On ne se purifie pas de l'esprit de mensonge sans douleur. Toute compromission, toute exagération, tout mensonge est essentiellement une façon d'éviter l'humiliation et la mort.

Comme le premier mensonge du serpent au jardin d'Éden. tous les autres mensonges depuis lors sont calculés pour susciter et magnifier l'ambition, la vanité. la gratification de soi, l'orgueil, c'est-à-dire tout ce qui a crucifié le Seigneur et tout ce dont il nous a libérés en mourant pour nous. Choisir de marcher dans la vérité, c'est choisir de se charger de sa croix et de le suivre jour après jour: c'est pourquoi la vérité ne fait pas recette, et pourquoi il est bien plus facile d'en parler que d'y marcher.

Pour des conjoints, la trêve pragmatique ne se change pas en paix véritable sans déchirement ni douleur. Voilà pourquoi les trêves pragmatiques ont tendance à devenir la norme dans le mariage chrétien comme dans le mariage selon le monde.

Ralentir et passer tout doucement au panneau « stop » ce n’est pas obéir à 90% ; c’est désobéir à 100% à l'ordre donné par le panneau. Exagérer à peine, jouer un personnage, jouer sur les émotions quand on est prédicateur, faire semblant, affecter une pose, c'est mentir à cent pour cent. On dirait que nous avons transposé dans la relation avec notre Dieu notre expérience scolaire: nous allons vers le Seigneur comme les élèves vont vers leur professeur en début d'année scolaire, pour poser la question: «Qu'est-ce qu'il faut faire pour avoir la moyenne? C'est quoi la moyenne, dans la vie chrétienne? Est-ce que ça va marcher, si j'arrive à soixante-cinq pour cent de vérité?» La vérité est un absolu. Ou bien c'est toute la vérité, ou bien ce n'est pas la vérité du tout. Ces absolus nous sont tout à fait étrangers. Nous avons été si bien formés à l'école du relativisme dans le monde, que nous n'arrivons pas à croire qu'avec Dieu il faut avoir cent pour cent pour être reçu. Même un minuscule fragment de levain fait lever toute la pâte.

Tous les jours, nous avons constamment à choisir entre vérité et mensonge, entre probité et facilité. Ces occasions-là sont aussi répandues que les panneaux «Stop». Mais jusqu'à ce que nous décidions de marquer l'arrêt, d'être absolument vrais et intègres au lieu de chercher le minimum qui nous donnera «la moyenne», notre vie sera dépourvue de puissance véritable. Elle contiendra peut-être beaucoup de bruit et de fureur, mais ils seront dépourvus de sens dans les moments cruciaux. Ironiquement, la recherche du minimum de vérité nous condamne à connaître un minimum de grâce et de pardon.

Dieu n'offre pas juste ce qu'il faut de grâce pour nous permettre de nous débrouiller: son pardon de nos manquements est aussi absolu que le but qu'il nous assigne. Mais celui qui recherche moins que toute la vérité s'apercevra qu'il vit moins que le plein pardon. Pour être libérés de la condamnation et du désespoir, il nous faut viser plus haut, et non pas plus bas.

Le Royaume de Dieu consiste en puissance: il repose sur la puissance, non sur les paroles vaines: a s'agit d'une puissance morale, d'une excellence de l'âme (1 Co 4.20; version «Amplifiée»). Ce n'est pas en ralentissant aux panneaux «Stop», même en ralentissant beaucoup, qu'on parvient à la puissance morale et à l'excellence de l'âme qui sont le fruit et la manifestation de l'arrêt complet. Une tâche nous attend, qui est de respecter cet arrêt complet, que ce soit au travail, dans la chambre à coucher, dans la chaire, dans nos conversations familières, devant la glace, ou quand nous prions. Dieu s'attend à ce que ses enfants s'ouvrent à la vérité et marchent dans toute la vérité. Il répand son Esprit sans mesure sur ceux qui s'attachent de tout leur coeur à la vérité. Il nous faut prier ensemble, prier sérieusement pour recevoir la grâce de briser la puissance de l'esprit de mensonge et de marcher dans la vérité devant Dieu et devant les hommes:

"Seigneur; aujourd'hui nous te demandons, comme nous ne te l'avons peut-être encore jamais demandé, de nous accorder la capacité non seulement d'écouter ta parole, mais de la mettre en pratique: et en demandant cela, nous tremblons, car nous reconnaissons que nous n ' avons pas le courage de le faire. Nous sommes des lâches, nous avons peur de ce que diront les hommes, de ce que dira ou fera notre conjoint. Nous ne savons pas établir entre nous des relations vraies. Nous ne savons même pas comment commencer à parler selon la vérité. Cela fait trop longtemps que nous nous taisons. Pendant trop longtemps, nous nous sommes contentés de nous débrouiller tant bien que mal. Toi, tu nous appelles à une révolution, et le coeur nous manque, car il nous faut admettre que nous préférons la facilité à la vérité. Pourtant, Seigneur bien-aimé, nous t'aimons et nous voulons que ton règne vienne sur la terre.

Comment pourrions-nous t'appeler 'Roi des rois' et ne pas accepter les chemins du Royaume? C'est pourquoi, Seigneur; nous ne pouvons que te demander grâce et miséricorde pour que nous puissions marcher dans la vérité. Nous voulons que tu te réjouisses. Nous voulons qu'il y ait de la joie dans ton coeur; et nous n'en pouvons plus de continuer à dire «alléluia, «amen- ou de chanter des refrains du bout des lèvres.

Nous voulons que tu éprouves une satisfaction véritable, une joie véritable à regarder tes enfants marcher dans la vérité. Alors, Seigneur; aide-nous. Que cela commence dès aujourd’hui. Montre-nous avec douceur; comme toi, tu sais le faire, par ton Esprit, ce qui en nous doit être corrigé, les endroits où nous avons passé le « Stop » sans nous arrêter et sans nous en apercevoir: Montre-nous que quand tu demandes de marquer l'arrêt, tu penses ce que tu dis. Quand tu dis «amour», tu veux dire «amour». Quand tu dis «la vérité», tu veux dire «la vérité », non une vérité approximative, mais une vérité réelle, parfaite, totale. Je te demande de nous bénir; Seigneur; pour que dans la mesure où dans notre coeur nous sommes décidés à suivre tes voies, ce soit ta grâce qui nous entoure quand nous sommes au contact de la réalité.

Puissions-nous avoir l'audace de vivre par la foi, et de consentir aussi à périr; à moins que tu ne te manifestes comme le Dieu qui fait sortir la vie de la mort. Nous aimons mieux échouer que de nous tirer d'affaire tant bien que mal par nos propres moyens. Puissions-nous entrer dans une dimension de ta grâce que nous n'avons jamais encore connue: puissent le flou et la grisaille disparaître de notre vie, de notre union conjugale, de nos assemblées, et qu'une mesure croissante de lumière et de joie nous soient données avec l'avènement, dans notre vie, de ta vérité et de ton authenticité. Merci de ce que tu es un Dieu dont la parole nous presse, le Dieu de vérité. Nous t'aimons et nous te louons pour ce que tu es. C'est au Nom de Jésus que nous te prions Amen". 

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  • Je vis ma foi en Yeshoua ( Jésus) au quotidien. Je fuis la religion des hommes et cherche la présence de Dieu-Elohim comme un trésor. Je m'attends aux directives de l'Esprit de Dieu-Elohim qui est l'Esprit de vie.
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