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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 07:47

 

Cet écrit d'Arthur Katz est totalement d'actualité pour tous les chercheurs de Dieu passionnés. Prenez le temps de le lire attentivement mais aussi de planifier la mise en pratique du désir de changement que cela doit vous inspirer.   NP

Le Jourdain, lieu de l'humilité

Les invitations à «monter sur la montagne» ont bien du succès, mais les invitations à descendre au Jourdain ne sont guère prisées. Pourtant, celui qui recherche l'Esprit de Vérité trouvera ce qu'il désire dans la vallée, et non sur les sommets. Jésus savait qu'il avait besoin de toute la plénitude de l'Esprit pour accomplir tout ce qui l'attendait, il savait que le chemin du Seigneur préparé pour lui passait par le baptême de Jean et par l'humilité absolue dont ce baptême était le signe. Pour lui, quoiqu'il parlât avec Élie lui-même sur les sommets, Jean-Baptiste représentait Élie au fond de la vallée. "Si vous voulez l'admettre, c'est lui qui est l'Élie qui devait venir" (Mt 11.14). S'il y a en vous un désir inextinguible de voir le chemin que Dieu prépare dans votre propre vie, si vous aspirez à recevoir la vérité au plus intime de votre être, si vous désirez vous tenir devant les Pilate de notre temps en étant une expression vivante de la vérité, alors Jean sera pour vous Élie. Ceux dont le désir s'arrête en deçà d'un Esprit donné sans mesure ne percevront pas cet Élie qui est en Jean, et ne verront pas dans l'humble Jourdain le lieu où on doit le découvrir. Mais si ce lieu d'humiliation fut le point de départ pour le Fils de Dieu qui n'a jamais péché, comment imaginer pour nous-mêmes quelque autre commencement en quelque autre lieu?

Jean attirait de grandes foules. Beaucoup venaient de Jérusalem pour le voir. Certains venaient par simple curiosité. D'autres prenaient des notes en vue d'une dissertation théologique sur la repentance, ou pour la prédication du dimanche suivant. Ceux qui venaient chercher la vérité étaient ceux-là qui avaient laissé derrière eux tout ce qui était faux: ils s'avançaient dans l'eau pour recevoir le baptême. Cette repentance-là est à la fois le fruit et le signe d'une ardente soif de vérité et du Dieu de vérité. Tant que nous ne sommes pas résolus à marcher dans la vérité et à nous affranchir de toute fausseté, nous resterons derrière, chacun dans sa Jérusalem: dans le meilleur des cas, nous viendrons alors voir Jean-Baptiste par curiosité, mais nous ne saurons nullement qui il est. Cependant, une fois prise, cette décision nous conduit inévitablement au-delà de la berge, jusque dans l'eau du Jourdain.

La vérité: les traits de Christ en nous.

Le premier pas, pour descendre vers ce lieu où l'Esprit descend sur une chair humaine, c'est une prise de conscience de notre immense besoin, et c'est la naissance d'une haine pure et sainte de nos propres faux-semblants, de nos propres hypocrisies. Cette soif-là de la vérité, et cette haine-là du mensonge sous toutes ses formes, voilà le frémissement de la présence vivante du Fils de Dieu en nous. C'est seulement sur cette personnalité-là que la colombe céleste descend et demeure. Elle reconnaît d'instinct une similitude, une parenté avec la personne du Christ. C'est sur cette personnalité-là, dans l'humilité de ce lieu-là que l'Esprit peut descendre dans sa plénitude, pour manifester non seulement ses attributs et ses dons, mais sa nature même, son essence même: la vérité.

A l'instant où les cieux s'ouvrirent, où l'Esprit de Dieu descendit sous la forme d'une colombe qui se posa sur Jésus, la voix de Dieu retentit des cieux: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection" (Mt 3.17). C'est ce moment-là que choisit le Père pour faire connaître son plaisir. Il ne trouva pas sa satisfaction dans une action particulière accomplie par Jésus, dont le ministère en tant que tel n'avait pas encore commencé. La plus grande des joies pour Dieu (comme pour l'apôtre Jean) est de voir ses enfants marcher dans la vérité. Le Père prenait alors plaisir, et continue à prendre plaisir, dans les traits de caractère de son Fils, dans ce qu'est le Fils, plus encore que dans ce qu'il fait.. Tout ce que faisait Jésus, et toute l'autorité qu'il possédait découlait de ce qu'il était. Même s'il était possible de reproduire les oeuvres de Jésus, ou d'en faire de plus grandes encore que les siennes, il n'y a pas d'autre moyen de posséder son autorité ou de connaître la joie du Père que de marcher dans la vérité, à l'exemple du Fils bien-aimé.

Dieu a réservé son Esprit, ainsi que cette satisfaction exprimée d'une voix audible, pour le moment où Jésus s'est fait baptiser. Il a réservé la révélation de l'identité de son Fils aux yeux de Jean pour ce moment-là aussi. L'identité de Jésus était si étroitement liée à l'Esprit de Vérité qu'il ne fut pas permis à Jean-Baptiste de le connaître à quelque autre signe; pourtant, parce que Jean était de sa parenté, il avait plus que tout autre des raisons de le connaître selon la chair.

« Et moi, je ne le connaissais pas, mais, afin qu'il soit manifesté en Israël, jesuis venu baptiser d'eau... je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer; c'est lui..Et moi , j'ai vu et j'ai rendu témoignage que c'est lui le Fils de Dieu. ,(Jn 1.31-34)

Jésus n'était vraisemblablement pas un étranger pour Jean. Leurs mères étaient cousines; il se peut qu'ils aient grandi à proximité l'un de l'autre, Jean avait probablement eu la possibilité d'observer Jésus. Pourtant, aucun lien naturel n'avait par lui-même valeur de signe permettant d'identifier Jésus. Cet étroit lien de parenté ne donnait à Jean aucun avantage. Dieu n'a pas non plus désigné tel ou tel miracle comme étant le signe auquel on reconnaîtrait Jésus à coup sûr. Les oeuvres n'ont fait que confirmer par la suite ce que seuls les traits de caractère pouvaient révéler. Ce fut par la descente de l'Esprit, et pas seulement par elle, mais encore par le fait que l'Esprit demeurait en Jésus, que Dieu permit à Jean de discerner en lui le Messie attendu. Jean fut le témoin, non d'une rencontre momentanée, d'un attouchement éphémère de l'Esprit pour combler un besoin ponctuel, mais d'une union durable, d'une unité dans l'essence et le caractère mêmes de celui qui était en face de lui.

Il n'a pas suffi à Jean de voir l'Esprit toucher Jésus, comme il ne suffit pas à nos contemporains de voir une manifestation occasionnelle de l'Esprit dans l'Église. Ce que vit Jean, ce fut l'Esprit descendre pour demeurer avec un homme. Il vit le Saint-Esprit, l'Esprit de Vérité, en harmonie si parfaite avec les traits de caractère de cet homme qu'il pouvait demeurer avec lui, habiter en lui. Les sceptiques, au même titre que les chercheurs de vérité, ont besoin, lorsqu'ils nous regardent, de voir la même chose.

Humilité et repentance

Jean a dit qu'il était venu baptiser afin que Jésus puisse être manifesté en Israël. Les Israélites avaient certes besoin d'être baptisés, de se repentir pour être en mesure de voir leur Messie; mais Jean baptisa aussi Jésus lui-même. Pour être manifesté n'était-il pas tout aussi nécessaire que Jésus fût baptisé? Nous attendons que «ces Juifs têtus» voient enfin le sens de toutes les prophéties messianiques de l'Ancien Testament. Il se peut pourtant que les Juifs comme les non-Juifs et comme Dieu lui-même attendent que nous devenions la manifestation de ces enfants de Dieu qui marchent dans la vérité. Dans notre «Jérusalem » chrétienne, nous nous sommes contentés de désigner des signes en tous genres pour prouver que Christ est vivant.

Le monde d'une façon générale et Israël en particulier n'ont pas trouvé cela convaincant. Nous, nous attendons que d'une manière ou d'une autre, ils se laissent persuader d'entrer dans les eaux de l'humilité et de la repentance pour être en mesure de reconnaître notre Christ ainsi que son Église. Il se peut pourtant qu'Israël ne se soit avancé que jusqu'à la rive du Jourdain: son salut dépend de notre entrée dans les eaux, l'instar de celle de Jésus. Peut-être qu'Israël, tout comme ce monde dont le scepticisme va croissant, a d'abord besoin de voir la manifestation de l'Église; de la voir se dépouiller de sa pompe, de ses faux-semblants, de la voir descendre de ses hauteurs jusque dans l'humble val du Jourdain, acceptant humblement de se laver et de se repentir. Quand Israël et le monde verront l'Esprit de Vérité descendre sur l'Église et y demeurer, quand ils entendront le Père dire à l'Église: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. ...Je n'ai de plus grande joie que d'entendre dire de mes enfants qu'ils marchent dans la vérité" (Mt 3.17; 3 Jn 4), alors peut-être se laisseront-ils convaincre d'entrer à leur tour dans les eaux de la repentance et de croire.

La patience de la colombe

Le baptême de Jésus n'est pas la première fois où dans l'Écriture on voit une colombe trouver un lieu où demeurer sur la terre, La terre elle-même fut immergée dans une tombe liquide aux temps de Noé. Quand la pluie eut cessé, Noé ouvrit l'arche et lâcha deux oiseaux. L'un deux était un corbeau. Il ne revint jamais. Quoique les eaux du déluge ne se fussent pas encore retirées, le corbeau semble s ' être satisfait de se poser sur quelque débris flottant, détaché de cette vieille terre submergée par le jugement. L'autre oiseau revint vers l'arche. A la différence du corbeau, il n'avait pas trouvé de lieu où poser ses pattes. C'est que cet oiseau-là était bien plus exigeant. Le premier vieux débris venu ne faisait pas son affaire. Il avait besoin d'un lieu qui fût en harmonie avec ses propres dispositions: il s'agissait d'une colombe. Lorsque les eaux du déluge se furent retirées et qu'une terre renouvelée eut émergé, alors seulement la colombe trouva un lieu où demeurer.

Cette colombe avait sûrement une patience extraordinaire. Après ce long séjour dans l'arche, il devait lui tarder de retrouver sa liberté. Elle refusa pourtant de saisir la première occasion qui se présenta d'aller poser ses pattes sur un vieux débris quelconque. Depuis combien de temps l'Esprit venu du ciel attendait-il avec patience l'avènement de Jésus? Les dispositions profondes de la colombe ont- elles changé depuis les jours de Noé? L'Esprit est-il devenu moins patient, moins exigeant? S'est-il lassé de décrire des cercles au-dessus de notre vieille humanité au point de se résigner â prendre comme demeure le premier débris qui surnage? Non, ses dispositions profondes n'ont pas changé. La présence au milieu de nous de dons, de manifestations, n'est pas la preuve du contraire. Il se peut que dans sa grâce la colombe nous touche et distribue des dons, apparemment sans discrimination. Mais elle n'a rien perdu de son discernement quand il s'agit de choisir un lieu où demeurer en plénitude, afin d'y manifester sa personnalité.

A Noé aussi, il fallut une grande patience. La tempête était passée, le soleil brillait à nouveau. Après plus de sept mois d'isolement, l'arche vint se poser sur le sommet d'une montagne, et Noé attendit. C'était Dieu qui avait fermé la porte de l'arche, mais pour ce qui était de l'ouverture, la décision appartenait à Noé. Il laissa à la colombe le soin d'indiquer que le moment était venu. Pour nous, le choix est plus difficile: nous sommes sauvés, baptisés; à quoi bon attendre? Pourquoi accepter encore des contraintes, des limites? Ne peut-on supposer que Dieu va bénir tout ce que nous ferons, de quelque manière que nous le fassions? 

Ceux qui sont épris de vérité savent attendre

Ce qui nous perd, c'est notre impatience; elle révèle ce que contient notre coeur. Les problèmes et les besoins autour de nous sont trop énormes, trop urgents. Notre vie personnelle, notre famille, notre Église réclament à grand cris des solutions, des moyens pratiques pour produire un minimum d'ordre, de stabilité. Il y a des pressions financières, un monde à évangéliser, une vie conjugale à sauver, un monde qui nous observe et auquel il faut bien montrer que ce christianisme que nous professons est authentique. En de pareilles circonstances, qui pourrait supporter d'attendre? Est-ce vraiment mal de faire semblant, ou d'exagérer, rien qu'un tout petit peu? De se cramponner à ces vieux moyens, ces vieux systèmes qui ont si bien marché autrefois, et qui marchent encore auprès du monde qui nous entoure?

D'ailleurs, ne serait-ce pas vouloir être «hyper-spirituel», ne serait-il pas irresponsable d'attendre plus longtemps? L'unique chose qui nous convaincra d'attendre, nous empêchant de quitter l'arche et d'accrocher au passage quelque vestige flottant de notre vieille humanité, c'est un amour passionné de la vérité, et la haine de tout ce que contamine le mensonge. En l'absence de cet empêchement intérieur, nous nous hâterons de saisir tout ce qui passe à notre portée; nous accepterons de feindre des sentiments, de manipuler autrui. Lorsque cela se produit, ce n'est pas la colombe que nous trouverons là, demeurant avec nous, mais un «oiseau» d'un tout autre genre, beaucoup moins patient, beaucoup moins exigeant!

Tout un livre, dans le Nouveau Testament, est consacré aux actes des apôtres, mais chose remarquable, le livre des Actes commence dans l'inaction totale. La croix appartient désormais à l'histoire, Jésus est ressuscité; à présent les disciples croient en lui, et pourtant Luc écrit: "Comme il se trouvait avec eux, il leur recommanda dene pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre..." (Ac 1.4).

Attendre n'est jamais facile. C'est une forme de souffrance, d'autant plus aiguë que nous sommes entourés de dangers, de besoins. Cependant, après une expérience personnelle extrêmement intense auprès de Jésus trois années durant, après avoir été instruits sur le Royaume pendant quarante jours par le Seigneur ressuscité, voilà qu'il était demandé aux disciples d'attendre. Jésus le savait bien: la tâche qui les attendait était trop importante pour qu'ils s'en acquittent en comptant sur leurs connaissances et sur leur expérience. Il leur dit d'attendre une puissance, moins pour pouvoir «donner leur témoignage» que pour être des témoins (Ac 1.8). Cette nécessité d'être est toujours plus importante et plus exigeante que la nécessité de faire.

Jésus a instruit ses disciples au sujet du Royaume pendant autant de jours que la pluie tomba lors du séjour de Noé dans l'arche. Ecouter Jésus en personne enseigner sur le Royaume, c'est peut-être moins une école qu'un baptême, par lequel toutes nos idées sur le Royaume, sur l'Église et sur le témoignage sont submergées sous les eaux et évacuées. Si nous pouvions recevoir cet enseignement-là, nous serions bien plus disposés à attendre: nous serions incapables de faire autre chose que d'attendre la puissance d'en haut.

Ce n'est pas  à vous de connaître...

Qu'est-ce que Jésus a enseigné pendant ces quarante jours? Si seulement Luc avait noté au moins quelques- unes de ses paroles, peut-être aurions-nous la réponse à quelques-unes des questions les plus troublantes que les chrétiens se posent depuis lors. Mais Luc ne dit rien de plus. Il ne consigne que la question posée par les disciples quand Jésus eut fini de les enseigner, et ce que fut la réponse de Jésus: "...Est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume pour Israël?" (Ac 1.6). Nous nous mettons sans peine à leur place: «Et 1'enlèvement, Seigneur? Et la tribulation, c'est pour quand, au juste? Que signifie la parole: « et tout Israël sera sauvé »? Sommes-nous dans les derniers temps?. Nous avons tous envie de savoir, et il n'y a aucun mal à se poser de telles questions. Mais bien plus importante est la réponse de Jésus à ses disciples: "Ce n'est pas à vous de connaître. ..Mais vous recevrez une puissance, celle du Saint- Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins.." (Ac 1.7-8).

Le principal n'est pas de connaître. Recevoir une puissance pour être ses témoins ne dépend pas des «comment» ni des «quand» concernant le Royaume. Je n'ai pas à commencer à connaître toutes les vérités: en revanche, il me faut être vrai.

'Ce n'est pas à vous de connaître...': voilà une réponse bien difficile à accepter, surtout quand on croit connaître déjà. Par une terrible ironie, même nos connaissances, et plus particulièrement nos connaissances au sujet des derniers temps et des choses du Royaume, peuvent devenir le principal obstacle à notre témoignage pour Jésus. 'Ne pas connaître', c'est peut-être bien une condition indispensable pour être ses témoins. 'Ne pas connaître': voilà qui libère un homme de cette affectation qui est due à son statut, à son rôle, et qui peut faire de lui un infirme spirituel.

"Ne pas connaître" est un antidote divin pour ce poison qu'est l'orgueil spirituel. Ironiquement, la connaissance de vérités au sujet des derniers temps et des principes du Royaume peut rendre un homme moins vrai. Son vocabulaire devient guindé, creux, facile à deviner à l'avance; il n'y a plus de place pour cette spontanéité, cet esprit d'enfance qui sont précisément les marques du Royaume dans son authenticité. Entendre Jésus dire: 'Ce n'est pas à vous de savoir', voilà qui peut arrêter net même le plus grand des disciples. La raison d'être de la Pentecôte n'a jamais été de nous donner une puissance pour que nous puissions témoigner de notre connaissance. Sa raison d'être est de nous donner une puissance pour que nous soyons les témoins de Jésus.

Le chemin de la chambre haute, comme ce chemin que suivit Jésus pour se rendre au Jourdain, est un chemin descendant et non montant. Les hommes qui passèrent ces dix jours dans l'attente à Jérusalem avaient tous été abaissés, profondément humiliés. Chacun d'eux se rappelait une expérience encore récente: ils avaient renié Jésus. Tous s'étaient dits prêts à mourir avec lui, et leurs illusions sur eux-mêmes avaient volé en éclats. A l'heure où ils arrivèrent à la chambre haute, ils étaient ramenés à la vérité, donc préparés à recevoir pleinement l'Esprit de Vérité qui allait se révéler lui-même de la manière la plus profonde. La Pentecôte n'aurait fait d'eux que des «pentecôtistes», des témoins de la Pentecôte, et non des témoins de Jésus, s'ils n'avaient d'abord suivi ce chemin d'abaissement, semblable à celui du Jourdain, pour parvenir à la chambre haute.

Au cours de l'histoire d'Israël, les jalons décisifs ont été marqués par le passage au travers des eaux. Israël est entré en Canaan après avoir traversé le Jourdain; il a quitté l'Égypte en passant au travers de la Mer Rouge. La sortie d'Égypte fut si subite et si totale qu'il ne leur fut même pas permis d'emporter du levain pour faire leur pain. Le baptême d'un chrétien marque un passage au moins aussi important que celui-là. C'est un exode hors de l'ancien monde, au travers des eaux; il devrait être au moins aussi total, marquer une coupure au moins aussi nette. Pour bien mesurer la profondeur de ce changement que la rédemption a apporté dans notre vie, prélevons un échantillon de ce pain que nous mangeons et donnons à manger aux autres et examinons-le. Notre passage par les eaux du baptême s'est-il fait avec tant de désinvolture et de médiocrité que nous avons pu emporter un peu de levain pour faire notre pain? 

Le levain change la vérité en mensonge

Avant de nous vanter trop vite de notre rédemption et des dons du Saint-Esprit qui s’exercent parmi nous. il nous faut considérer ces paroles de Paul aux chrétiens de Corinthe: Il n'est pas beau, votre sujet de gloire ! Ne savez vous pas qu'un peude levain fait lever toute la pâte? Purifiez-vous du vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolée. Célébrons donc la fête, non avec du vieux levain. .., mais avec les pains sans levain de la sincérité et de la vérité. (1 Co 5.6-8) 

 Si le pain de notre repas, le pain de notre communion fraternelle, le pain du culte que nous rendons à Dieu contient encore un levain de fausseté, d'amour contrefait, d'hypocrisie, de quoi nous vantons-nous? Le problème, ici, n'est pas la quantité de levain: c'est la présence même du levain. Il suffit d'un peu de levain pour faire lever toute la pâte. Il suffit d'un peu de fausseté, d'un peu de simulation, pour transformer en mensonge toute cette pâte que sont nos relations et notre culte. Jusqu'à quel point peut-on affirmer que notre rédemption est radicale et totale, si nous avons eu le temps et l'envie d'emporter avec nous un peu de vieux levain? 'Purifiez-vous du vieux levain', disait Paul. Tout le levain qu'il y avait en Israël devait être ôté avant qu'on puisse célébrer le fête de la rédemption. Cette fête ne peut se célébrer avec du pain levé, seulement avec des azymes de pureté et de vérité. Peut-être est-il possible de simuler cette fête, d'en accomplir correctement les formes extérieurs; mais il est impossible de célébrer en vérité notre rédemption et notre Rédempteur en l'absence de sincérité et de vérité.

  Le levain de fausseté et d 'hypocrisie

Si, même après notre passage au travers des eaux du baptême, notre pain contient encore un levain de fausseté et d'hypocrisie, il est juste et nécessaire de nous demander dans quelle mesure la colombe céleste demeure encore avec nous; dans quelle mesure nos dons spirituels, nos mains levées, notre activité religieuse ont cessé d'être une vivante expression de l'Esprit pour devenir, au contraire, une forme de levain, un «Ersatz» prenant la place de la colombe attristée qui a été contrainte de s'éloigner et de nous quitter.

Il suffit d'un peu de levain pour faire lever toute la pâte ! Le mensonge ne peut être mis en quarantaine. Feindre l'amour envers un frère conduit â feindre le culte qu'on rend â Dieu, et la colombe céleste ne peut demeurer là où le mensonge abonde. En l'absence de cette colombe, nous sommes contraints de trouver quelque solution de remplacement, d'imiter, de faire semblant: ce faisant, nous multiplions le levain et nous obligeons l'Esprit â reculer, et la part de notre vie qui est â lui se rétrécit comme une peau de chagrin.

Si nous avons réussi â tenir en affichant des signes extérieures de spiritualité, il n'y a vraiment pas de quoi nous vanter: c'est là le signe de notre échec, de notre honte. Nous ne pouvons en tout cas pas tromper Dieu. Si seulement nous nous arrêtions pour examiner la situation, force nous serait d'admettre que nous n'arrivons même pas â nous tromper nous-mêmes.

Se purifier du vieux levain est coûteux

Se purifier du vieux levain sera douloureux et coûteux. Cela signifie abandonner tout ce qui a «marché», y compris cette trêve superficielle qui dans nos relations a tenu lieu de paix véritable, et ce bluff, ces fanfaronnades qui ont tenu lieu d'autorité vraie. Nos vies personnelles et l'histoire de l'Église abondent en exemples d'Ersatz de vérité qui «marchent» fort bien. Mais si cela «marche» sans être vrai, cela ne vaut rien; cela vaut même moins que rien parce que cela fait de nous des hypocrites et parce qu'inévitablement nous entrerons en collision avec la vérité; alors la chose dont le seul mérite était de «marcher» échouera d'autant plus désastreusement. Peut-être sommes-nous épouvantés à l'idée de nous retrouver face à face avec notre conjoint, nos enfants, nos assemblées, ou nous-mêmes, dépouillés de ces mensonges coutumiers, si pratiques, qui ont «marché» pendant si longtemps. Une seule chose est plus épouvantable encore: se trouver face à face avec la réalité, armés de nos seuls mensonges, en un de ces moments où il nous faut abattre toutes nos cartes, et où il y va vraiment pour nous de l'essentiel.

Un baptême au travers duquel nous avons pu emporter avec nous du levain est tout à fait suspect. Un baptême sérieux a le don de démolir les plus jolies coiffures et de transformer en chiffon le pantalon le mieux repassé. Tout ce qui constitue la surface de notre vie, tout ce qui n'est qu'apparence prend un coup mortel dans les eaux du baptême. Or, passer de ce qui est purement verbal à ce qui est réel, c'est précisément vivre ce genre de baptême. Mais c'est quand on émerge de ces eaux-là qu'on entend la voix du Père, et qu'on voit l'Esprit qui descend et qui demeure!

De la plénitude à la puissance

Tout de suite après son baptême, Jésus fut tenté au désert. On pourrait penser que c'est alors le moment le moins opportun pour mettre un homme à l'épreuve. Mais paradoxalement, c'est précisément à cause de la présence de la colombe que le moment était venu, dans la vie de Jésus, pour cette si puissante tentation. D'après l’Écriture, c'est dans la plénitude de l'Esprit que Jésus se rendit au désert. L’Écriture dit aussi que ce n'est pas Satan qui l'y attira, mais qu'il y fut conduit justement par ce même Esprit qui était descendu sur lui au Jourdain.

La première conséquence de cette plénitude de l'Esprit n'est pas ce que nous pourrions attendre. Nous, nous aurions fait sortir Jésus de l'eau afin qu'il allât tout droit â Jérusalem pour proclamer l'Évangile avec une grande puissance. Luc nous dit au contraire que l'Esprit le conduisit dans la solitude du désert afin qu'il y fût vidé de toute force naturelle, affamé par quarante jours de jeûne. L'Esprit lui-même semble avoir mis en place toute une série de circonstances augmentant la vulnérabilité de l'homme au lieu de la diminuer. Pourquoi?

Une partie, au moins, de la réponse réside dans la confiance suprême qu'a Dieu dans son Esprit. Quand l'Esprit demeure sans mesure dans un réceptacle vrai, un homme reçoit la capacité de résister même â la tentation suprême. La confiance de Dieu va jusque-là.

Jusqu'où va la nôtre? Jusqu'où va ma confiance dans la puissance de la vérité, de la vérité en tant que telle, sans l'appui de circonstances favorables, sans le soutien des forces naturelles, pour que soit démasqué et vaincu le plus subtil des mensonges, surtout quand celui-ci se présente au moment où j'ai grand besoin du réconfort et de la puissance que ce mensonge procure? Quelle vérité, et quelle relation â la vérité peut engendrer la confiance et communiquer la résistance spirituelle quand la tentation est à son comble?

Des vérités purement verbales ne me soutiendront pas face â des pressions de cette nature. Et si elles ne peuvent me soutenir au désert, elles ne me revêtiront pas non plus de puissance quand je retournerai en Galilée et à Jérusalem pour y proclamer l'Évangile et en apporter la démonstration. C'est rempli de l'Esprit que Jésus fut conduit au désert (Lu 4.1). Il quitta le désert et se rendit en Galilée dans la puissance de l'Esprit (Lu 4.14). Si on n'est pas rempli de l'Esprit pour affronter la tentation, on ne sera revêtu d'aucune puissance quand on en sortira.

Tout besoin, tout désir qui se présente à nous, dans l'ordre naturel aussi bien que spirituel, s'accompagne de la tentation de mentir pour obtenir satisfaction. Dans la plupart des cas, la tentation se présentera quand nous serons seuls au désert, faibles, vulnérables. Si la tentation, quand elle vient, trouve en nous de l'orgueil, de la fausseté, de la compromission, de la comédie, elle transpercera nos défenses purement verbales et nous laissera privés de toute puissance véritable lorsque nous irons en Galilée.

Mais si nous arrivons tout droit du Jourdain et sommes remplis de l'Esprit qui demeure en nous, si nous sommes paisiblement, inébranlablement assurés que le Père trouve en nous son plaisir, alors la tentation jouera pour nous un rôle de catalyseur et transformera la plénitude en puissance. La puissance de l'Esprit devient en nous une réalité dans l'exacte mesure où toute autre source de puissance a été refusée et rejetée.

Le test de la vérité: être parmi ceux qui nous connaissent

" Jésus retourna en Galilée, avec la puissance de l'Esprit. .. il se rendit à Nazareth,  il avait été élevé" (Lu 4.14,16). Nazareth est le dernier des endroits où il faut nous rendre, à moins que nous ne soyons assuré d'avoir la puissance de l'Esprit.

La Galilée et Nazareth ont une importance particulière parce que c'était là 'qu'il avait été élevé', Jésus est allé d'emblée vers ceux qui le connaissaient. La plus grande des épreuves se situe toujours chez nous, parmi ceux qui connaissent toutes nos faiblesses, tous nos défauts, et nous voient mettre notre foi en pratique dans notre marche au jour le jour. Il est plus facile de bluffer, de berner les autres comme de nous berner nous-mêmes là où on ne nous connaît pas, là où personne ne peut nous regarder et dire: 'N'est-ce pas le fils de Joseph le charpentier?'. Mais il en va tout autrement quand nous faisons nos débuts, chacun dans son Nazareth, dans sa propre famille, dans sa communauté, dans son lieu de travail.

il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et entra, selon sa coutume, dans la synagogue le jour du sabbat. il se leva pour faire la lecture, et on Lui remit le livre duprophète Ésaïe. il ouvrit le livre et trouva le passage où il était écrit:

 L'Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu'il m'a oint pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres; n m'a envoyé pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, Pour renvoyer libres les opprimés, pour proclamer une année de grâce du Seigneur (Lc 4.16-18)

Le bluff ou l'authenticité?

Il serait présomptueux de notre part d'entrer actuellement dans nos propres « Nazareth » et d'y proclamer que le Seigneur nous a oints pour guérir les coeurs brisés et pour libérer les captifs, et à plus forte raison encore d'essayer d'y accomplir ce que nous proclamons, si la colombe céleste ne demeure pas avec nous dans la plénitude de sa puissance, comme avec Jésus. "Puis il roula le livre... et s'assit. Les yeux de tous, dans la synagogue, étaient fixés sur lui" (Lu 4.20). De la même manière, tous les regards seront fixés sur nous quand on nous entendra prononcer des paroles ce genre ! Si c'est du bluff, si nous nous bornons à prononcer des mots derrière lesquels ne se trouve aucune substance, alors mieux vaudrait pour nous garder un profil plus bas. Le monde s'est habitué à entendre prononcer des paroles et à ne pas prendre au sérieux ceux qui les disent. Il suffit d'un seul regard pénétrant pour comprendre que le faiseur de discours n'est pas à prendre au sérieux.

Quand Jésus s'assit, et que tous le regardèrent, il ne revint en aucune manière sur ce qu'il venait de dire; il ne se mit pas à manoeuvrer pour se ménager quelque porte de sortie verbale. On l'interpellait, on mettait à l'épreuve la substance de ce qu'il affirmait. Il eut pour seule réponse: " Aujourd'hui cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, est accomplie" (Lu 4.21).

Les blessés et les captifs qui demeurent dans nos « Nazareth » d'aujourd'hui attendent à nouveau des paroles semblables. Ils ont besoin de se tourner, de fixer sur l'Église leur regard cynique, et de dire, non avec mépris, mais avec ébahissement: 'N'est-ce pas là le fils de Joseph ?' Ne sont-ce pas là ces mêmes chrétiens qui sont perpétuellement pétris de contradictions, bourrés de platitudes, prisonniers des mêmes appétits et des mêmes peurs que nous? D'où leur vient cette ferveur dans l'amour, cette transparence, cette simplicité, cette clarté, cette éclatante authenticité? Vienne le jour où ces propos qui furent tenus sur Jésus le seront aussi sur son Église: "On était frappé de son enseignement, car il parlait avec autorité" (Lu 4. 32).

Il faut qu'il vienne, ce jour, car il en vient aussi un autre où les illusions auxquelles se cramponnent les hommes en quête d'un semblant de sécurité et de santé mentale vont s'effondrer et se dissoudre. Si des hommes se jetaient déjà par les fenêtres quand l'économie s'effondra lors de la récession de 1929, qu'en sera-t-il de notre génération gâtée, bien moins aguerrie, lorsque le système mondial actuel se mettra à branler et à s'effondrer? Tout ce qui peut être ébranlé sera ébranlé. Tout ce qui est fondé sur les illusions, les demi vérités, l'orgueil, la cupidité, et la crainte finira par entrer en collision avec la réalité. Les êtres écrasés, les coeurs brisés, les captifs, les aveugles seront alors bien plus nombreux encore.

L'Église sera-t-elle la seule source de santé d'esprit vers laquelle se tourner, à laquelle s'accrocher, ou bien sera-t- elle aussi dévastée et aussi affolée que le monde, quand tout à coup elle sera dépouillée des mêmes mensonges et des mêmes illusions?

Lorsque Jésus lut ce passage d'Ésaïe, il s'arrêta au milieu d'un verset. Il conclut par ces mots: "proclamer une année favorable de la part de l'Éternel" (És 61.2). Or le verset se termine ainsi: "et un jour de vengeance de notre Dieu" (És 61.2). C'est à nous qu'il est demandé d'achever ce verset. Le monde s'est habitué à voir des originaux qui se tiennent aux coins des rues, portant des panneaux proclamant: 'Repentez-vous, car la fin du monde est proche!' Quand l'Église n'est pas prise au sérieux, ceux qui proclament le jugement à venir passent pour des sots. C'est que les hommes ne voient pas venir ce jour: ils sont aveugles aux premières lueurs de ce jour, à cette lumière qui dès à présent éclaire toutes choses dans ce monde dont elle révèle le caractère vain et mensonger. L'incapacité de voir qu'un mensonge est un mensonge ne tient aucunement à un défaut de la vision: le mensonge n'est pas vu comme un mensonge pour la simple raison qu'il est cru, car il procure trop de sécurité, de réconfort et de pouvoir à celui qui le croit, pour que son caractère trompeur soit démasqué.

Le jugement commence par l'Église

La capacité de voir qu'un mensonge est un mensonge n'a aucun rapport avec la capacité de comprendre, sur un plan verbal, la doctrine du jugement dernier. Ce qui nous rend capables de voir qu'un mensonge est un mensonge, c'est de ne pas le croire, de le refuser, de rejeter la sécurité, le réconfort, et la puissance qu'apporte ce mensonge. Avons- nous un point de vue biblique, voyons-nous que tout ce système mondial a été engendré par le mensonge? Si ce n'est pas le cas, alors nous sommes aussi aveugles que les incroyants, pour justes que soient nos propos en matière d'eschatologie. Si ceux qui conduisent les aveugles, leur prêchent l'Évangile, et leur proposent la vue sont eux-mêmes aveugles, ils ne peuvent, en fin de compte, que tomber dans le même fossé.

Si le jugement (et pas seulement la doctrine du jugement) doit d'abord atteindre l'Église, il y a une raison à cela. Il faut que la lumière de la vérité soit projetée sur les illusions et les mensonges de l'Église. Il faut que soit fracassé tout ce qui est fondé sur les faux-semblants, tout ce qui a été entretenu dans l'ombre.

L'Église doit tout voir dans la lumière; tout, y compris elle-même, telle qu'elle est réellement, telle que Dieu la voit: c'est là la seule définition de la vérité. La lumière de la vérité exerce un jugement sur tout ce qui n'est pas vrai. Dans la mesure où elle est vraie, l'Église vit dans cette lumière du jour du jugement, et projette dès maintenant cette lumière-là au milieu du monde. Seule une telle Église, seuls de tels croyants, c'est-à-dire ceux qui sont déjà une proclamation vivante de ce jour tout proche du jugement divin peuvent proclamer la guérison des coeurs brisés et le recouvrement de la vue aux aveugles.

La lumière de la vérité divine fait plus que changer les doctrines d'un homme: elle change l'homme. Ésaïe était déjà un grand prophète, mais l'année de la mort du roi Ozias, Ésaïe eut une vision qui le transforma. Il vit le Seigneur dans sa gloire; le résultat ne fut ni un traité, ni une remarquable série de prédications. Ésaïe tomba comme un homme mort, et s'écria qu'il était un homme aux lèvres impures, demeurant au milieu d'un peuple aux lèvres impures. "Malheur à moi! Je suis perdu!" s'écria-t-il (És 6.5). Il vit ce que voit Dieu. Il vit toutes choses telles qu'elles sont réellement, et se vit perdu. C'est seulement par la suite qu'il put aller proclamer les paroles que Jésus devait lire plus tard dans la synagogue de Nazareth, ces paroles d'espérance et de guérison, car lui-même avait été guéri et restauré; ces paroles de jugement et de colère, car lui-même avait été purifié et jugé. Serons-nous envoyés en mission et oints pour proclamer et accomplir les mêmes choses qu'Ésaïe, tant que nos lèvres seront souillées par les demi-vérités et la fausseté? Allons-nous accomplir des choses plus grandes que celles que fit Jésus par une puissance moindre que la sienne? Peut-être sommes-nous éloquents pour parler de la venue d'un jour du jugement, mais si nous ne marchons pas déjà dans la lumière de ce jour-là, nos paroles font de cette vérité une dérision.

Notre but, notre désir le plus profond

Déjà nous sommes fils de Dieu, mais nous ne savons pas encore ce que nous serons. Nous ne savons pas encore ce que cela signifie d'être rendus parfaitement semblables à lui (1 Jn 3.2-3), mais c'est cette ressemblance parfaite qui est ou devrait être notre but, notre désir le plus profond. Nous le savons: quand il viendra, nous serons semblables à lui parce qu'alors nous le verrons tel qu'il est réellement, et non plus au travers de l'écran de nos illusions, de nos craintes, de nos désirs. Celui qui a cette espérance-là se purifiera, tout comme le Seigneur est pur. L'Église qui porte cette espérance et qui en vit ne cessera de se purifier. Ses membres se diront la vérité dans l'amour; ils rendront la vue les uns aux autres, et s'aideront mutuellement à rester vrais.

Même si tout se passe dans l'amour, un tel processus est souvent douloureux. L'amour de la vérité peut demander des mesures extrêmes. Le jour où Dieu consacra les Lévites à son service fut celui où Moïse descendit de la montagne et trouva tout Israël en proie à la débauche et à l'idolâtrie. Il clama: "A moi ceux qui sont pour l'Éternel"(Ex 32.26). Un petit reste vint le rejoindre. Il fallait choisir: allaient-ils manger, boire, se lever pour s'amuser, ou bien suivre le Seigneur? Allaient-ils s'offrir le luxe de consolations mensongères, ou mettre leur confiance dans la vérité? A ceux qui se joignirent à lui, Moïse ordonna: "Que chacun de vous mette son épée au côté: traversez. ..le camp. .., et que chacun tue son frère, son ami, son parent" (Ex 32.27). Jusqu'à quel point aimons-nous la vérité? Au point de ceindre l'épée sans pitié, de parcourir le camp et ses abords? Au point de revenir vers notre propre foyer, notre propre vie conjugale, notre propre assemblée, nos propres structures mentales, afin de mettre à mort tout ce qui est mensonger? Tout amour moindre que celui-là est indigne d'un sacrificateur.

C'est pourquoi, rejetant tout faux-semblant. ..que chacun dise la vérité à son prochain, car nous sommes tous membres du même corps et membres les uns des autres. ..-Car autrefois vous étiez ténèbres, mais maintenant vous êtes lumières dans le Seigneur; marchez comme des enfants de lumière, car le fruit... de la Lumière... sous toutes ses formes consiste en tendresse et bonté, droiture de coeur; et vérité dans la manière de vivre... (Ep 4.25 et 5.8-9: libre traduction de la version dite «Amplifiée»)

Une vie vécue dans la vérité constitue la conséquence et la manifestation d'un rejet de la fausseté sous toutes ses formes. Comme tout fruit, c'est une réalité qui ne s'obtient pas à la force du poignet. La vérité vécue ne peut être produite que par l'Esprit, dont la nature, pour l'essentiel, est précisément d'être une vie de cette qualité-là. La manière de reconnaître un arbre ne change pas. Depuis toujours, on le reconnaît à son fruit, et il en sera toujours ainsi. Si l'Esprit de Vie est la sève, la vie de l'arbre, alors le fruit de cet arbre sera la vérité vécue. Il est vain d'attendre d'autres fruits de l'Esprit, tels que l'amour, la foi, la bonté ou l'humilité, si la vérité n'est pas première. Il n'existe pas d'amour, ni de foi, ni de bonté en dehors de la manifestation de la vérité vécue.

Il n'y a pas de raccourcis pour aller vers la vie. Le chemin ne s'est pas élargi au fil des siècles. On ne peut pas accumuler une connaissance, une expérience, ni des oeuvres bonnes susceptibles d'ajouter une voie de plus à ce chemin. Ce chemin-là est la vérité et la vie, et il est fort étroit. C'est le seul, c'est l'unique chemin où Dieu appelle les hommes à marcher. Nous n'avons pas le choix: ce chemin est impossible à élargir. Mais tous ceux qui veulent marcher dans la vérité peuvent recevoir l'Esprit de Vérité. Dieu n'a pas de plus grande joie que de voir ses enfants marcher dans la vérité.  

 


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  • : Mes recherches personnelles dans les saintes écritures pour persévérer dans la saine doctrine. "Christ en moi" la vraie vie.
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  • Nicolas Papaïconomou
  • Je vis ma foi en Yeshoua ( Jésus) au quotidien. Je fuis la religion des hommes et cherche la présence de Dieu-Elohim comme un trésor. Je m'attends aux directives de l'Esprit de Dieu-Elohim qui est l'Esprit de vie.
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