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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 07:36

Marquer l'arrêt

Tous ceux qui conduisent une automobile ont fait cette expérience en arrivant à une intersection dégagée, marquée par un STOP: on regarde d'un côté, puis de l'autre, et on choisit ou bien de s'arrêter, ou bien de ralentir et de passer. Le panneau prescrit de marquer l'arrêt, mais... n'est-ce pas là simplement un conseil, une mise en garde? Est-ce que cela veut vraiment dire: "Arrêtez-vous"? C'est si peu pratique de marquer un arrêt: on perd du temps, on augmente la consommation d'essence, on use les garnitures de freins. Il faut s'opposer à la vitesse acquise d'un véhicule lancé, à tout un ensemble d'attitudes et d'habitudes qui favorisent la confiance en nous-mêmes, la paresse, et la facilité; alors, nous ne marquons pas l'arrêt.

Nous faisons dépendre la vérité de notre jugement personnel de nos besoins propres, de notre subjectivité. «Il est écrit. ..mais cela ne signifie pas vraiment que. ..» Ensuite nous nous demandons pourquoi l'Esprit semble s'être absenté de notre vie. Cet acte-là, ou des actes comparables, nous le commettons tous. Peu ou prou, ici ou là, nous refusons de marquer l'arrêt.

Tant qu'elle joue en notre faveur et sert nos intérêts, nous obéissons à la vérité de la même manière que nous marquons l'arrêt au «Stop». Quand il y a de la circulation au croisement, quand nous n'avons pas assez de visibilité pour passer en toute sécurité, nous consentons à marquer l'arrêt. Mais qu'arrive-t-il quand cet arrêt ne sert apparemment à rien, qu'il ne procure aucun avantage, alors qu'il y a visiblement avantage à passer outre? Que nous arrive t’il lorsque, comme Eve au jardin d'Eden, nous examinons de plus près le fruit défendu et décidons qu'il est bon à manger, plaisant à voir, et capable de nous communiquer la sagesse? «Dieu a dit: tu ne mangeras pas. .. mais ce qu'il veut dire, en fait, c'est que...». Jamais nous n'aurions l'idée de nier l'existence du panneau: nous ralentissons, nous faisons mine d'obéir suffisamment pour notre propre satisfaction et celle d'autrui, mais nous faisons mine seulement. La décision est prise d'avance. Mais dès lors que nous faisons dépendre la vérité de nos buts personnels, elle cesse d'être par elle-même un but. Une vérité qui dépend de nos propres buts est notre servante. Seule la vérité à laquelle nous obéissons pour l'amour d'elle-même est notre Seigneur.

Le relativisme est l'essence même de la sagesse de ce monde. Le monde exalte la tolérance, y voit une vertu cardinale, et veut bien tout tolérer, sauf les valeurs absolues et la vérité absolue. Rien n'est plus abominable pour la sagesse et les lumières de ce monde, rien n'est plus ridicule à ses yeux que ce qu'il appelle «le dogmatisme». Derrière le souci qu'affiche ce monde pour les situations complexes, derrière cette vérité qui veut que pour toute situation il y ait un contexte particulier qu'il faut toujours prendre en compte, il y a un rejet de l'absolu sous toutes ses formes. Dans son zèle pour condamner «le dogmatisme», le monde place la tolérance au-dessus de la justice et dénigre la vérité.

 

Pragmatisme ou obéissance?

Le relativisme s'exprime par ses formules toutes faites: «Il se peut que ce soit vrai pour toi, mais ce n'est pas vrai pour moi». «Tout dépend de la façon dont on considère la chose». «Rien n'est tout noir ni tout blanc». C'est ainsi que l'adultère, au même titre que la beauté, dépend du regard de celui qui considère la chose. Pour la sodomie on a trouvé cet euphémisme: «Un autre style de vie». Tout ce qui est valeur ou jugement se dissout et devient brouillard, grisaille généralisée. Ce brouillard est mortel pour la vérité. Il résulte de la mise en pratique du relativisme, de la confusion entre le bien et le mal, entre le blanc et le noir, entre les ténèbres et la lumière. Mais Dieu est lumière et il n'y a pas en lui de ténèbres. La lumière est vérité; ce brouillard grisâtre est mensonge, séduction, tout autant que les ténèbres si ce n'est davantage. Les premières paroles que pieu prononça sur une création encore à l'état de chaos furent: «Que la lumière soit» et il sépara la lumière des ténèbres (Ge 1.3-4). Cet acte de séparation n'a jamais été résilié: lumière et ténèbres ne peuvent se mélanger, pas plus que ne le peuvent vérité et mensonge. «Arrêt» veut toujours dire «arrêt», même quand cela ne nous arrange pas. La sagesse de ce monde cherche sans cesse à nier les distinctions absolues que Dieu a établies pour l'éternité, à rendre floue la ligne de démarcation entre vérité et mensonge, à fabriquer ce brouillard, cette grisaille qui permet de redéfinir et de justifier tout ce que nous désirons être ou faire. Le relativisme est séduisant. car à la différence de la vérité, il fait tellement bien notre affaire!

 

Le fil à plomb de la vérité divine: un absolu

Dieu a fait descendre du ciel un fil à plomb: la vérité absolue, la droiture absolue, l'amour absolu. Ce fil à plomb, c'est Jésus lui-même. C'est en lui que toutes choses trouvent leur cohérence. Hors de lui, toutes choses se désintègrent et retombent dans un vide sans forme. L'univers n'est pas cohérent «à quelque chose près», parce que Dieu n'est pas le Dieu de l'à peu près. Jésus n'est pas à quelque chose près de la vérité, le chemin et la vie; c'est pourquoi le Rédempteur ne réunit pas tous les suffrages: il est absolument saint et vrai, et il dérange terriblement. Quand il dit: «Marquez l'arrêt», il ne veut pas dire: «Ralentissez et passez en douceur». Il vient plein de grâce et de vérité (Jn 1. 17), et l'esprit de notre siècle est l'antithèse même d'un tel Christ, d'une telle vérité. Il préfère sa propre vérité, édentée, anodine, docile, utilisable à discrétion, et qu'on range dans un tiroir après usage. Il préfère le flou.

Il n'est donc pas étonnant que le monde soit rempli de flou, de grisaille. Le serpent a dit à Ève: «Vous ne mourrez pas du tout!» Ce siècle mauvais a été engendré par ce principe qui veut que la fin justifie les moyens. De ce principe, qui est sa profession de foi, il tire son existence. L'adultère se justifie parce qu'il met fin à la solitude; l'avortement, parce qu'il coupe court au stress et aux difficultés; le génocide, parce qu'il est purification ethnique. Le monde ne fait que manifester sa propre nature, spirituellement parlant, quand il nie l'existence de la vérité absolue. Il se plaît dans ce climat de flou et de grisaille qui est indispensable à sa survie. Mais l'Église a été engendrée par la parole de vérité. Elle est le seul lieu sur terre où on ne devrait jamais trouver ce brouillard, cette grisaille, car Dieu est lumière et nous sommes enfants de lumière.

Ce qui distingue les êtres droits, c'est leur amour de la lumière (Jn 3.19-21). Cette lumière bannit toute la gamme des diverses nuances de grisaille: par elle, tout devient manifeste. Les êtres droits ne devraient jamais avoir besoin de pénombre. I1s ne devraient pas avoir de ces buts égoïstes, ni de ces désirs qui pour s'épanouir ou pour se justifier réclament la pénombre. Cette pâleur, cette grisaille, ce flou, qui sont la marque d'une vie vécue dans un monde d'ombre ou de pénombre, ne devraient jamais exister dans le peuple de Dieu, que ce soit dans notre vie conjugale, dans notre culte, ou sur notre visage, si nous sommes enfants de lumière.

 

Vérité céleste ou sagesse de ce monde?

La triste vérité, cependant, est qu'on trouve cette grisaille dans bien trop de vies chrétiennes. La lumière de vérités qui demeurent purement intellectuelles et verbales sans être vécues ne suffit pas à dissiper ces ombres venues du dedans quand le relativisme et le pragmatisme dirigent notre vie. Notre profession de foi s'arrête là où s’arrêtent nos intérêts personnels et notre bon plaisir. Quand il s'agit des aspects pratiques de notre vie et de notre ministère, nous sommes tout aussi relativistes que le monde. Notre connaissance est céleste, notre sagesse est terrestre. Nous savons que le panneau dit: «Arrêtez !», mais tous, d'une façon ou d'une autre, à un moment ou à un autre, nous arrivons à justifier quand nous nous dispensons de marquer l'arrêt; et chaque fois que nous le faisons, nous quittons le terrain de l'Esprit de Vérité pour aller sur le terrain de l'esprit de mensonge, et nous nous soumettons à lui.

Si la vérité était synonyme de facilité, le monde entier la rechercherait. Mais c'est précisément l'Esprit de Vérité que le monde est incapable de recevoir. Il ne veut pas de l'Esprit de Vérité, car il est gênant, encombrant, inopportun. Il n'y a pas de place pour la vérité dans ce monde qui est trop plein de son propre esprit, de sa propre sagesse.

Que d'entreprises tomberaient et connaîtraient la faillite presque du jour au lendemain, si elles décidaient de fonder toutes leurs transactions, toute leur publicité, toute leur comptabilité sur la vérité, en respectant l'esprit de la vérité et pas seulement sa lettre? La sagesse de ce monde veut que seuls les imbéciles paient leurs impôts en totalité, restituent la monnaie qu'on leur a rendue en trop à la caisse d'un magasin, ou s'abstiennent de resquiller sur les heures quand on les paie pour une journée entière de travail.

Aux yeux du monde, cette véracité-là est pire que de la sottise: elle est dangereuse, subversive! Elle compromet la survie du système tout entier; elle défie le principe même sur lequel tout l'ordre de ce monde repose. Le monde tremblerait et s'écroulerait si tout à coup on supprimait les demi-vérités, les exagérations, les manipulations sur lesquelles il est établi.

Qu'arriverait-il donc si les églises et les oeuvres chrétiennes prenaient la résolution de fonder la moindre de leurs démarches sur la stricte vérité? Nos boîtes aux lettres seraient-elles toujours remplies d'autant d'appels de fonds? Ceux-ci contiendraient-ils toujours autant de points d'exclamation? Soulignerait-on au stylo-feutre les «au secours ! », les «urgent!», les «chers amis!». Quand on se met à calculer ses effets, à manipuler, même au nom d'une bonne cause, on tombe dans la fraude, dans le mensonge. Il suffit de céder un instant à la sagesse de ce monde, de renoncer à se conformer avec exactitude à l'Esprit même de la vérité, et pas seulement à la lettre, et voilà franchie la ligne de démarcation qui sépare le Royaume du monde. Commencez par grossir les besoins et par justifier cette exagération parce qu'après tout, c'est de «l'oeuvre» qu'il s'agit et vous finirez par justifier des mensonges et des péchés flagrants. Commencez par souligner «urgent» pour faire de l'effet, et vous finirez par souligner aussi «chers amis». Commencez par vous justifier après vous êtres abs- tenu de marquer l'arrêt au panneau «Stop» , et bientôt vous ne tiendrez plus le moindre compte du panneau.

 

La vérité: une vigilance de tous les instants

La terre entière va être ébranlée; L’Église qui est sur la terre le sera également. Ne resteront debout que les réalités inébranlables, fondées sur le roc de la vérité. Tout ce qui est feint, tout ce qui recourt à la manipulation, tout ce qui est corrompu par cette sagesse mondaine faite de propre justice va s'écrouler. Au jour du jugement, nous ne justifierons pas nos moyens impurs en mettant en avant nos bonnes intentions. Et de quelle nature est notre fin, si nous pouvons imaginer un seul instant que des moyens impurs pourraient servir à atteindre? Si on cherche vraiment à glorifier Dieu et à exprimer la vérité, toute manipulation, toute tromperie sera exclue d'avance. Peut-être dirons-nous que notre premier souci est la gloire de Dieu, le service de Dieu; mais en vérité, si nous nous conformons à la sagesse de ce monde et à l'esprit de mensonge, nous recherchons la notoriété pour nous-mêmes, la gloire personnelle! Pour que la vérité reste notre mobile central, il faut une vigilance quotidienne, constante, une vigilance de tous les instants. La moindre petite compromission nous éloigne d'autant de l'Esprit de Vérité, jusqu'au jour où la colombe sainte nous quitte; alors, nous poursuivons notre chemin sans même nous rendre compte de son absence. Plus le but est pressant et apparemment spirituel, plus on est tenté, pour rat teindre, de recourir à l’esprit de mensonge. Comment exprime-t-on son besoin, quand on est une communauté et que les moyens font défaut pour loger tous vos compagnons d'oeuvre à rapproche d'un hiver glacial au nord du Minnesota? Combien de sous-entendus, de suggestions implicites, d'appels à contribution sont justifiés dans une lettre de nouvelles ? Après tout, il ne s'agit pas de vos besoins personnels, mais des besoins des autres. Ce qui est enjeu, c'est l'oeuvre d'une communauté pour la gloire de Dieu, et non quelque entreprise personnelle. Mais les besoins les plus légitimes ne justifient pas le mensonge. Si une pensée ne peut être exprimée dans la clarté, s'il faut la voiler, recourir à des suggestions, à quelque procédé qui ne soit pas net, alors il ne faut pas l'exprimer du tout.

Il y a une autre solution que de manipuler: faire confiance à Dieu. Dire la vérité, c'est faire confiance à Dieu, c'est toujours un acte de foi. La vérité n'est-elle pas toujours une question de foi? Si la vérité toute pure ne peut nous amener à donner, à nous repentir, ou à accomplir quelque autre action, alors qu'on ne fasse rien du tout. Jusqu'où consentirons-nous à aller sans accepter de recourir au mensonge pour nous sauver de la mort? Voilà la mesure de notre amour de la vérité.

C'est Jésus lui-même qui donna la définition de ce qu'est un véritable Israélite, définition qu'on peut étendre au véritable Israël ou à la véritable Église. Voyant Nathanaël venir vers lui, il dit: "Voici vraiment un Israélite dans lequel il n 'y a pas de fraude" (Jn 1.47). Cette définition reste d'actualité. L'Esprit de Christ en nous tressaille encore quand il perçoit l'approche d'un Nathanaël. Nathanaël n'avait pas encore dit un seul mot. Il n'avait pas exprimé la moindre vérité doctrinale, ni formulé la moindre affirmation juste quand Jésus le reconnut. Il était vraiment un Israélite, reconnaissable en tant que tel, non à ses paroles, mais au fait qu'il n'y avait pas en lui de fraude. Nathanaël marchait dans la vérité, libre de toute hypocrisie, de tout sous-entendu, de toute façade trompeuse. Il marchait, il vivait dans la lumière, et cela se voyait. 

 

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  • Nicolas Papaïconomou
  • Je vis ma foi en Yeshoua ( Jésus) au quotidien. Je fuis la religion des hommes et cherche la présence de Dieu-Elohim comme un trésor. Je m'attends aux directives de l'Esprit de Dieu-Elohim qui est l'Esprit de vie.
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