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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 10:25

 

J'ai souhaité vous partager quelques pages du livre : "l'Esprit de vérité d'Arthur" Katz, mais la meilleure introduction que je pouvais faire à cet écrit était de vous laisser lire l'avant propos de son auteur.


La maison de Dieu, qui est l'Église du Dieu vivant, la colonne et l'appui de la vérité (1 Timothée 3.15)

 

Si votre expérience ressemble un tant soit peu à la mienne, les références entendues à cette définition fondamentale de l'Église ont dû être rares. Cette omission est peut-être significative; on constate malheureusement que parmi toutes les institutions de la terre, c'est souvent l'Église qui est la plus guindée, la moins authentique, la plus mécanique, la plus artificielle.

Comment se peut-il qu'une entité qui tire ses origines du ciel et fut rachetée à si grand prix soit devenue, dans notre génération, une culture à ce point navrante? N'avons-nous pas négligé de chérir et de préserver jalousement la vérité elle-même? N'avons-nous pas perdu cette diligence que requiert chaque jour et à chaque instant la vérité, en rai- son de sa nature même? N'avons-nous pas oublié que là où la vérité est en cause, il s'agit de bien autre chose que de conformité à des normes extérieures, et que seule suffit à cette tâche l'ardeur de celui qui est épris de vérité?

Ce n'est pas un hasard si l'essai que vous allez lire vit le jour dans une Église où l'on m'emmena un dimanche matin, libéré, pour ma part, de toute obligation, pour m'offrir le luxe d'écouter un autre prédicateur. Je m'y rendis le pas léger, tout joyeux et plein d'expectative. Un frère m'escortait; les louanges qu'il prodiguait au sujet de la prédication de la Parole par ce pasteur me mettaient des ailes aux pieds.

J'attendais, assis dans la galerie de l'Église bondée, attentif mais passablement troublé par les groupes si dissemblables qui m'entouraient. D'une part, on voyait un peu partout dans l'auditoire des essaims d'adolescents à l'attitude typiquement légère. D'autre part, j'étais frappé par la rigidité religieuse et le manque de joie des adultes. Je m'efforçai de juguler ma subjectivité de bilieux, afin qu'en aucun cas elle ne nuisît à la Parole dont la proclamation commençait. En écoutant les développements de la prédication, je comprenais sans peine l'enthousiasme de mon frère pour ce pasteur. Les mots étaient clairs, justes, précis. Mais d'où venait donc cet étrange malaise qui montait en moi et s'intensifiait à chaque mot, jusqu'à ce que finalement j'aie les entrailles nouées par un inexplicable tourment? Je finis par comprendre pourquoi je me sentais tiraillé: mon intelligence adhérait à la forme biblique, à la rectitude doctrinale de la parole prêchée, mais mon âme avait en horreur l'esprit qui se manifestait au travers de ces paroles et qui les contredisait à chaque syllabe. D'une part, on nous exhortait à l'engagement total, au sacrifice. Par ailleurs, on affirmait: "Pas de panique! Ne prenez pas ces paroles aux sérieux! Ce n'est qu'un sermon. Moi, je vous apporterai un message biblique hebdomadaire, et vous, vous m'assurerez sécurité et bien-être. Moi, je vous ménagerai; quant à vous, ménagez-moi aussi, et nous nous entendrons à merveille."

Une pensée très nette vit alors le jour en moi (n'aurais- je pas dû voir cela bien plus tôt?): la vérité, c'est toute la vérité, et lien que la vérité, ou bien il ne s'agit pas de la vérité; l'esprit de la personne qui parle, la substance et l'étoffe même de cette personne doivent être en accord total avec les paroles prononcées; sinon, il y a mensonge. Les paroles dévastatrices que la veuve de Sarepta adressa au prophète Élie n'ont cessé de me transpercer: « Maintenant »  Je reconnais que tu es un homme de Dieu, et que la parole de l’Eternel  dans ta bouche est vérité" (1 R 17.24).

Ainsi naquirent les pensées que vous allez lire, et qui prirent la forme d'une série de messages. Mon compagnon d’oeuvre est Paul Volk. Il est, comme moi, un de ces chrétiens que vous n'aurez guère eu l'occasion de rencontrer. Cela fait des années que nous vivons en étroite communion d'esprit dans cette communauté au nord du Minnesota, près de la frontière canadienne, où nous avons fait nos efforts pour mettre en pratique les divers aspects de notre foi, nous qui sommes des juifs aux penchants intellectuels, des universitaires. Nous cherchons à dégager de sa gangue faite de culture et de traditions afin de l’appréhender et de la proclamer dans toute sa pureté. Peu d’hommes connaissent aussi bien mon coeur et sont capables de l'interpréter, de l'exprimer avec autant de précision et de clarté. Comme l'a souvent dit sa femme Adrienne: «  on ne sait pas où s'arrête l'un et où commence l'autre».

Pour ma part je le sais, car il m'arrive souvent d'admirer  et même d'envier la façon dont Paul exprime une pensée, formant une intuition en un aphorisme si vigoureux, si pénétrant que le livre tout entier s'en trouve justifié. En lisant le manuscrit, j'ai le sentiment étrange d'un ouvrage qui reste le mien, mais pas entièrement; qui est entièrement familier et pourtant nouveau. Il s'agit de la synthèse de pensées, de deux coeurs, de deux esprits, ce qui lui confère une qualité toute autre, infiniment meilleure; c'est avant-goût, si vous voulez, des gloires de l'unité véritable qui attend le Corps de Christ en ces temps ultimes. Jugez en vous même. Comme je l'ai souvent affirmé, la théologie est chose trop précieuse et constitue un champ vaste pour les efforts d'un seul. Elle requiert les efforts et la perspicacité de plusieurs pour l'éclat de ses multiples facettes. Puisse ce livre préfigurer de telles réalités, si modestement que ce soit.

 

Enfin, puisse cette tentative ranimer la flamme de l'amour de la vérité, cette vérité qui en ces temps de ténèbres, de bouleversements, et de séduction est seule capable de nous sauver de la destruction. L'esprit cynique qui animait Ponce Pilate s'infiltre de plus en plus, cet esprit qui donne à croire que la vérité ne peut être connue, voire, en ces temps de relativisme, qu'elle n'existe pas. C'est là une attitude qui est de bon ton à présent, une présomption intrinsèquement mensongère qui a engagé contre la vérité une lutte à mort. Il n'existe d'antidote que l'amour de la vérité, ce qui désormais sera chose coûteuse. Puisse le Seigneur, qui est la Vérité en Personne, souffler sur ces pages et inspirer au lecteur le courage de désirer la vérité, de la rechercher, de lui rendre témoignage, de lui obéir, de souffrir pour elle; en effet, nous ne pourrons pas faire l'économie de la souffrance si nous voulons qu'il y ait, dans les derniers temps de ce monde pervers, une Église qui soit la colonne et l'appui de la vérité. Puissions-nous être gardés d'aspirer aux manifestations de la puissance divine tant que nous n'avons pas saisi, comme nous le rappelle Jessie Penn-Lewis, que l'Esprit de Dieu, avant de pouvoir le connaître ou le goûter en tant que puissance ou en tant qu'amour, est avant tout l'Esprit de Vérité.

 

Arthur Katz Laporte, Minnesota

 

 

Introduction

 

« Qu'est-ce que la vérité? » Ponce Pilate ne posa jamais de question plus importante. Quoique Celui à qui il la posa ne répondît mot, jamais homme ne reçut de réponse plus complète, plus éloquente. Pourquoi Jésus garda-t-il le silence? Lorsque des hommes posent la même question aujourd'hui, pourquoi ne pouvons-nous nous retenir de parler, comme si nous disposions de vérités, de doctrines justes surpassant de loin celle de Jésus? En présence de Pilate, nous aurions pu nous livrer à une déclaration fort impressionnante, absolument scripturaire et juste. Pourquoi Jésus n'en fit il rien? A d'autres moments, à 1'occasion d'autres rencontres, il avait su faire preuve d'une éloquence rare. Il était capable de raisonner et de discuter avec l'élite des penseurs religieux d'Israël.

Cependant Jésus, ce communicateur inégalable, ce dialecticien sans pareil en matière d'Écriture Sainte, resta muet devant Pilate. Ce n'est pourtant pas par manque de vérités à dire qu'il se taisait; des vérités, il en avait en abondance. Son silence n'était pas dû à un manque de vérités, mais à ce qu'il était rempli de la vérité; si en cet instant il avait énoncé la moindre vérité, il aurait jeté un voile sur cette vérité vivante qu'il était lui- même. Si Pilate était incapable de voir la vérité qui se tenait devant lui, vérité rendue d'autant plus lumineuse et plus forte par le silence dans lequel elle se dressait, alors aucune parole venant frapper son oreil1e n'aurait pu le sauver. Il y a là de quoi demander si notre incapacité habituelle à garder le silence ne vient pas de ce que celui-ci soulignerait l'absence, plutôt que la présence, de la vérité en nous.

Devant Pilate, Jésus a gardé le silence; pour nous, cependant, il a parlé. Pour nous, il a même répondu à la question de Pilate, mais notre perplexité et notre déception devant sa réponse n'ont d'égale que la déception de Pilate devant son silence. «Je suis la vérité» dit-il, signifiant par là que la vérité est plus qu'une somme de réponses justes.

Elle n'est aucunement une chose que l'on pourrait posséder: elle est, essentiellement et avant tout, ce que nous devons être.

La vérité est esprit, elle est vie; et cet esprit, cette vie, sont l'unique chemin vers le Père. "Moi,je suis... la vérité... Nul ne vient au Père que par moi" (Jn 14.6).

Tout à coup, nous comprenons que ce n'est pas en possédant des vérités, mais en devenant vrais, que nous sommes sauvés. Dieu ne désire pas seulement nous informer, mais nous transfigurer; il ne veut pas simplement nous remplir de vérités, mais nous rendre vrais. Le Saint- Esprit, le Consolateur, l'Esprit de Christ, l'Esprit d'adoption qui répand l'amour de Dieu dans nos coeurs, voilà l'Esprit de Vérité.

Jésus nous entraîne sur un terrain nouveau, mal connu. Nous savons ce que veut dire «une affirmation véridique», ou bien «une doctrine vraie» mais qu'est-ce que cela signifie, lorsqu'un homme déclare «Je suis la vérité ? Avoir la vérité, nous comprenons ce que cela veut dire; mais être vrais, c'est là ce qui nous désarçonne. Nous sommes bien plus dans notre élément avec cette religion qui s'occupe d'abord d'avoir ou de faire. Nous savons comment nous y prendre pour acquérir une somme croissante de vérités. Mais la religion selon Dieu est animée d'abord par le désir d'être, pas seulement de faire ou d'acquérir. Nous, nous cherchons à posséder la vérité, mais Dieu cherche à nous rendre vrais. Cela fait une différence fondamentale; ces deux quêtes engendrent des hommes entièrement différents et produisent des effets différents.

Croire qu'avoir c'est être, croire que pour devenir vrai il suffit d'acquérir assez de vérité, c'est être dupe. Si on ne dénonce pas cette duperie, elle mène â un spectacle tragique et lamentable: des hommes impeccables (du moins, â ce qu'il leur semble) dans leur doctrine, mais dont la vie est essentiellement artifice et contrefaçon, c'est-à-dire mensonge. Si une veuve a pu dire â Élie: «La parole de l'Éternel dans ta bouche est vérité» (1 R 17.24), c'est donc que dans la bouche d'un autre, la parole de Dieu est mensonge. La bouche et la voix sont indissociables de la parole qui en émane. La voix et la parole ne font qu'un. Jésus proclame la parole de Dieu parce qu 'il est le Verbe de Dieu. Il dit la vérité parce qu 'il est vrai. Les vérités ont leur importance, mais si l'Esprit de Vérité n'est pas en nous pour leur communiquer la vie, elles sont aussi mortes (et aussi mortelles) que la lettre de la loi gravée dans la pierre. Si la Loi â elle seule, même fidèlement retransmise et suivie, n'a pu nous rendre justes, comment la profession de la vérité, fut elle la plus orthodoxe, suffira-t-elle jamais â nous rendre vrais? De même que Christ est la fin et l'accomplissement de la loi divine, de même il est la fin et l'accomplissement des vérités divines. Le Dieu qui a été capable de transformer un Pharisien tel que Paul en une lettre vivante porteuse de sa grâce par l'Esprit de Grâce est également capable de faire de son Église une démonstration vivante de la vérité par l'Esprit de Vérité.

Le but de ce petit livre est d'être autre chose qu'un exposé de vérités bibliques. Nous espérons qu'il sera autre chose qu'un ouvrage de plus sur la vérité. Il tire son origine d'une série de messages qui furent adressés au cours de plusieurs journées â des chrétiens rassemblés. Le but de ces messages était de révéler, et même de permettre la manifestation de l'Esprit de Vérité lui-même, lui qui est l'essence de toutes les vérités. Il est souvent difficile de capter sous une forme écrite des vérités qui ont été exprimées oralement. Il est plus difficile encore de communiquer l'esprit dans lequel elles ont été apportées. Ce livre se propose d'être vrai dans ses paroles et vrai dans son esprit, de restaurer le lien qui unit la parole de vérité à la vérité vécue, car sinon la vérité reste froide et morte. S'il ne sert qu'à informer le lecteur, il aura échoué. Si dans une mesure quelconque Dieu peut l'utiliser pour transformer le lecteur, alors le livre aura atteint son but.

Une dernière mise en garde, pourtant, s'impose peut-être. Les pages qui suivent proclament d'un bout à l'autre que la vérité est un esprit, c'est à dire qu'elle est plus que des paroles. La vérité dépasse de beaucoup ce que nous disons: elle devrait être ce que nous sommes. Certes, la vérité est plus que la parole: mais elle n'est pas, pour autant, moins que la parole. Nous vivons en un temps qui méprise et dénigre de plus en plus l'expression verbale de la vérité. Même dans l'Église, il commence à y avoir de la gêne dans l'air quand on fait l'apologie des doctrines de la foi, comme si l'apologétique était forcément, par définition, polémique; et qui donc a envie de se faire traiter de polémiste en cette ère de plus en plus oecuménique? Certains ont l'air de penser qu'il suffit de déclarer: «c'est de la doctrine, tout simplement», et qu'alors la question est close. Mais en matière de doctrine, il n'y a pas de «tout simplement» qui tienne. Il vaut la peine de vivre et de mourir pour les vérités de la foi; et ce n'est pas demain que cela va changer.

On se tromperait en pensant que si, dans ce livre, nous mettons l'accent sur la vérité en tant qu'esprit, c'est pour l'opposer à la vérité en tant que parole, ou bien pour dénigrer cette parole. S'il importe de proclamer l'Esprit de Vérité, ce n'est pas parce que la parole de vérité a peu d'importance, mais précisément parce qu'elle en a tant. Proclamer des vérités mortes, sans vivre dans la vérité, c'est déshonorer la vérité; mais exalter «l'authenticité», «la conformité au réel», «la véracité» d'une manière qui diminue la place et la valeur des vérités qui ont été données une fois pour toutes à l'Église, c'est déshonorer la vérité tout autant.

Ce livre est un appel pressant à toute la vérité ! Quelle tragédie, quelle ironie, si jamais l'Esprit de Vérité devait être utilisé comme une bannière de plus, une ultime bannière servant à élever une version partielle, et donc fausse, de la vérité.

 

Paul Volk St-Paul. Minnesota

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  • Je vis ma foi en Yeshoua ( Jésus) au quotidien. Je fuis la religion des hommes et cherche la présence de Dieu-Elohim comme un trésor. Je m'attends aux directives de l'Esprit de Dieu-Elohim qui est l'Esprit de vie.
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